Il est temps de laisser ce sujet. Je commence à prêcher, je crois, et vous, enfants, à bâiller.

Écoutez plutôt l'histoire de notre ami Pierrot.

Elle touche à sa fin, car le vieil Alcofribas dit très-bien:

«Il n'y a rien de plus fade et de plus ennuyeux que la peinture du bonheur.»

Et Pierrot avait enfin mérité d'être heureux.

Je ne vous ferai pas le récit de sa conversation avec la belle Rosine; vous sentez bien qu'elle dut être très-intéressante, car tous les deux avaient autant d'esprit que les anges, et les sujets de conversation ne leur manquaient pas.

Qu'il vous suffise de savoir que la mère de Rosine fut obligée de venir les chercher elle-même et de leur rappeler que le déjeuner était servi depuis plus d'une heure.

Deux jours après, le roi Vantripan arriva, suivi de sa fille, qui avait voulu assister au mariage de Pierrot, et lui témoigner par là une amitié sincère.

De son côté, Pierrot dit qu'il ne désirait qu'une occasion de lui prouver son dévouement, et cette occasion ne tarda guère à se présenter, comme nous le dirons en son lieu.

Le lendemain, on signa le contrat.