—Je suis Pierrot, le grand connétable, le vainqueur de Pantafilando, dit-il, et voici comment je rends justice.

—Seigneur connétable, dit le gouverneur en se mettant à genoux et essuyant son nez qui saignait encore; seigneur grand connétable, ayez pitié de moi! Hélas! si j'avais su qui j'avais la sacrilége audace de vouloir faire empaler, croyez que mon respect....

—Oui, sans doute, dit Pierrot, si tu avais su que tu avais affaire à plus fort que toi, tu aurais été aussi lâche que tu t'es montré insolent.

—Seigneur grand connétable, pardonnez-moi.

—Si tu n'as pas commis d'autre crime, dit Pierrot, je te pardonne; mais voyons d'abord si personne ne se plaint. Parlez! dit-il en s'adressant à la foule.

—Seigneur, dit un bourgeois de Nankin, il a fait mourir mon frère sous le bâton, parce que mon frère, qui était fort distrait, avait oublié de le saluer dans la rue.

—Est-ce vrai? dit Pierrot.

—Oui, seigneur, s'écria-t-on de toutes parts.

—Ne fallait-il pas faire respecter en ma personne l'autorité royale dont j'étais revêtu? dit le gouverneur.

—C'est tout ce que tu as à dire pour ta défense? reprit Pierrot; à un autre.