"A la suite d'un long entretien qu'elle eut avec un Moine franciscain, je fus appelée et le révérend père me tint ce discours:

"Ma fille, vous grandissez. Déjà le démon tentateur peut vous voir. Bientôt vous sentirez ses attaques. Si vous n'êtes pure et sans tache, ses traits pourront vous atteindre; si vous êtes exempte de souillure, vous resterez invulnérable. Par des douleurs notre Seigneur a racheté le monde; par les souffrances vous racheterez aussi vos propres péchés. Préparez-vous à subir le martyr de la rédemption. Demandez à Dieu la force et le courage nécessaires: ce soir vous serez éprouvée…. Allez en paix, ma fille."

"Ma tante m'avait déjà parlé depuis quelques jours, de souffrances, de tortures à endurer pour racheter ses péchés, je me retirai, effrayée des paroles du Moine. — Seule, je voulus prier, m'occuper de Dieu, mais je ne pouvais voir que l'image du supplice qui m'attendait.

"Ma tante vint me retrouver au milieu de la nuit. Elle m'ordonna de me mettre nue, me lava de la tête aux pieds et me fit prendre une grande robe noire serrée autour du cou et entièrement fendue par derrière. Elle s'habilla de même et nous partîmes de la maison en voiture.

"Au bout d'une heure, je me vis dans une vaste salle tendue de noir, éclairee par une seule lampe suspendue au plafond.

"Au milieu s'élevait un prie-Dieu environne de coussins.

"Agenouillez-vous, ma Nièce: préparez-vous par la prière, et supportez avec courage tout le mal que Dieu veut vous infliger

"J'avais à peine obéi, qu'une porte secrète s'ouvrit, un Moine, vêtu comme nous, s'approcha de moi, marmota quelques paroles: puis, écartant ma robe et faisant tomber les pans de chaque côté, il mit à découvert toute la partie postérieure de mon corps.

"Un léger frémissement échappa au Moine, extasié sans doute à la vue de ma chair; sa main se promena partout, s'arrêta sur mes fesses et finit par se poser plus bas.

"C'est par là que la femme pêche, c'est par là qu'elle doit souffrir, dit une voix sépulchrale…