Ces paroles étaient à peine prononcées, que je me sentis battue de verges, de noeuds de corde garnis de pointes en fer. Je me cramponnai au prie-Dieu, je m'efforçai d'étouffer mes cris, mais en vain, la douleur était trop forte. — Je m'élançai dans la salle, criant: Grâce! grâce! je ne puis plus supporter ce supplice — Tuez-moi plutôt. Pitié! je vous prie……

"Misérable lâche, s'écria ma tante indignée; Il vous faut mon exemple!

"A ces mots, elle s'exposa bravement toute nue, écartant les cuisses, les tenant élevées.

"Les coups pleuvaient; le bourreau était impassible. En un instant les cuisses furent en sang

"Ma tante restait inébranlable, criant par moments "plus fort… ah!…. plus fort encore!.

Cette vue me transporta, je me sentis un courage surnaturel, je m'écriai, que j'étais préte à tout souffrir.

"Ma tante se releva aussitôt et me couvrit de baisers brulants, tandis que le Moine liait mes mains, plaçait un bandeau sur mes yeux.

"Que vous dirai-je enfin. Mon supplice recommença, plus terrible: Engourdie bientôt par la douleur, j'étais sans mouvement, je ne sentais plus. Seulement, à travers le bruit de mes coups, j'entendais confusément des cris, des éclats, des mains frappant sur des chairs. C'étaient aussi des rires insensés, rires nerveux, convulsifs, précurseurs de la joie des sens. Par moment, la voix de ma tante, qui râlait la volupté, dominait cette harmonie étrange, ce concert d'orgie, cette saturnale de sang.

"Plus tard, j'ai compris que le spectacle de mon supplice servait à réveiller des désirs; chacun de mes soupirs étouffés provoquait un élan de volupté.

"Lassé sans doute, mon bourreau avait fini. Toujours immobile, j'étais dans l'épouvante, résignée à mourir, et, cependant, à mesure que l'usage de mes sens revenait, j'éprouvais une démangeaison singulière mon corps frémissait, était en feu. Je m'agitais lubriquement comme pour satisfaire un désir insatiable. Tout-à-coup deux bras nerveux m'enlacent; je ne savais quoi de chaud, de tendu, vint battre mes cuisses, se glisser plus bas et me pénétrer subitement. A ce moment, je crus être fendue en deux. Je poussai un cri affreux que couvrirent aussitôt des éclats de rire. Deux ou trois secousses terribles achevèrent d'introduire en entier le rude fléau qui m'abîmait. Mes cuisses saignantes se collaient aux cuisses de mon adversaire; il me semblait que nos chairs s'entremêlaient pour se fondre en un seul corps Toutes mes veines étaient gonflées, mes nerfs tendus. Le frottement vigoureux que je subissais, et qui s'opérait avec une incroyable agilité, m'échauffa tellement, que je crus avoir reçu un fer rouge.