COPIE TEXTUELLE DE LA CORRESPONDANCE DE MONSIEUR ET DU CARDINAL DE RICHELIEU.
A Monsieur de Chavigny.
«Monsieur de Chavigny,
«Encore que je croie que vous n’êtes pas satisfait de moy, et que véritablement vous en ayez sujet, je ne laisse pas de vous prier de travailler à mon accommodement avec Son Eminence, et d’attendre cet effet de la véritable affection que vous avez pour moy, qui, je crois, sera encore plus grande que votre colère. Vous sçavez le besoin que j’ai que vous me tiriez de la peine où je suis. Vous l’avez déjà fait deux fois auprès de Son Eminence. Je vous jure que ce sera la dernière fois que je vous donnerai de pareils employs.
«Gaston d’Orléans.»
A Son Excellence le Cardinal-Duc.
«Mon Cousin,
«Ce mesconnoissant M. le Grand est homme du monde le plus coupable de vous avoir dépleu; les grâces qu’il recevoit de Sa Majesté m’ont toujours fait garder de lui et de tous ses artifices; mais c’est pour vous, mon Cousin, que je conserve mon estime et mon amitié tout entière... Je suis touché d’un véritable repentir d’avoir encore manqué à la fidélité que je dois au Roy, mon seigneur, et je prends Dieu à témoin de la sincérité avec laquelle je serai toute ma vie le plus fidèle de vos amis, et avec la mesme passion que je suis,