Que lui avais-je fait pour qu'elle conçût ce projet? Je n'en sais rien.
En tout cas, elle le conçut et elle résolut de le voir réussir.
Aussi, un matin d'avril, nous frappions à la porte de la blonde Mme R.
VIII
A cette époque j'avais toutes sortes de raisons—des meilleures—pour fuir le mariage.
J'étais un grand jeune homme maigre—comme je ne le serai plus jamais,—j'avais beaucoup de romans en tête et en vue, des romans d'aventures, des histoires de cape et d'épée, dans le goût des choses de la Calprenède, et, platoniquement amoureux de la muse, je n'aurais point voulu faire divorce avec elle,—au prix de n'importe quoi. Je ressemblais alors beaucoup au chevalier Guillan le Pensif,—et cela me paraît étrange aujourd'hui que je me regarde et que je me trouve des faux airs de Falstaff.
Je haïssais alors profondément le mariage. Non que j'appréhendasse les conséquences ordinaires de cet acte civil et religieux. Mais, malgré moi, je me rappelais l'interrogation de Panurge:
«Qui me fera coquu?»
et la réponse éloquente et satanique de Trouillogan, philosophe pyrrhonien: