«Quelcqu'un...»»
Et je préférais, à tout prendre, le rôle du «quelcqu'un» au rôle de l'autre.
Je suis toujours dans ces sentiments-là. Quand on me demande par hasard si je n'ai jamais eu l'intention de me marier, je réponds comme Chapelle à la duchesse de Bouillon:—Quelquefois, le matin...
Seulement alors ils étaient plus chevaleresques. J'avais l'âge où l'on gonfle ses voiles avec le vent de son orgueil et où l'on abandonne ensuite son esquif aux caprices de la mer, sans pilote, sans gouvernail, sans rien.
J'avais l'âge qu'on n'a qu'une fois. L'âge où l'on est brave, téméraire, imprudent, fou;—où le danger a ses ivresses,—où le péril grise comme un verre de vin vieux ou comme un sourire de jeune vierge;—où, mourir en face du soleil, à coups d'épée, sur un champ de bataille, avec l'odeur de la poudre, semble meilleur que mourir dans son lit, à coups de tisane, en face d'une garde-malade, avec une atmosphère d'hôpital...
Aujourd'hui je partage encore mon opinion à l'endroit de toutes ces choses. Je n'ai plus les mêmes raisons de le faire, je le sais bien, mais qu'importe? Cela prouve tout simplement que si les années m'ont enlevé les raisons que j'avais alors, elles ne m'ont pas apporté la raison que je n'aurai jamais.
J'y compte bien. Le meilleur moyen de ne pas vieillir est de rester jeune le plus longtemps possible—si c'est possible.
A l'époque dont je parle j'étais tourmenté de passions voyageuses. Je brûlais de marcher sur les traces des Chardin, des Tavernier, des Chandler, des Mungo Park, des Humboldt, des Levaillant, et je m'écriais, vingt fois la journée, comme Alexandre:
—Donnez-moi d'autres univers, celui-ci est trop étroit pour moi!...
Aujourd'hui je dis, comme Horace: