Le mot date de la maréchale Lefebvre.
On dit volontiers comme elle: Cela te la coupe!
- COUPER (Se), v. réfl. Faire un lapsus linguæ compromettant dans la conversation; commencer un récit scabreux à la troisième personne, et le continuer, sans s'en apercevoir, à la première.
- COUPER CUL, v. n. Abandonner le jeu,—dans l'argot des joueurs.
- COUPER DANS LE PONT, v. n. Donner dans le panneau, croire à ce qu'on vous raconte,—par allusion au pont que font les Grecs en pliant les cartes à un endroit déterminé, de façon à guider la main du pigeon dans la portion du jeu où elle doit couper sans le vouloir.
- COUPER DEDANS, v. n. Se laisser tromper, accepter pour vraie une chose fausse. Argot du peuple.
- COUPER LA GUEULE A QUINZE PAS, v. a. Avoir une haleine impossible à affronter, même à une distance de quinze pas,—dans l'argot des faubouriens, impitoyables pour les infirmités qu'ils n'ont point.
- COUPER LA QUEUE A SON CHIEN, v. a. Faire quelque excentricité bruyante et publique, de façon à attirer sur soi l'attention des badauds,—stratagème renouvelé des Grecs.
- COUPER LE TROTTOIR, v. n. Forcer quelqu'un qui vient sur vous à descendre sur la chaussée, en marchant comme s'il n'y avait personne; ou bien, de derrière passer devant lui sans crier gare.
- COUPER LE SIFFLET A QUELQU'UN, v. a. Le faire taire en parlant plus fort que lui, ou en lui prouvant clairement qu'il a tort, qu'il se trompe.
Signifie aussi Tuer.
- COUPER LES VIVRES. Supprimer tout envoi d'argent ou de pension,—dans l'argot des étudiants, qui n'en meurent pour cela ni de faim ni de soif.
- COUPE-SIFFLET, s. m. Couteau.
- COUPLET DE FACTURE, s. m. Composé uniquement en vue de l'effet, avec des rimes riches et redoublées. Argot des coulisses.
- COUPS DE MANCHE, s. m. Mendiant qui va à domicile porter des lettres-circulaires dans lesquelles il se dépeint comme zouave pontifical, ancien exilé, artiste sans commandes, homme de lettres sans éditeurs,—selon le quartier et la victime choisis.
- COURAILLER, v. n. Faire le libertin,—dans l'argot des bourgeois.
- COURANT, s. m. Truc, secret, affaire mystérieuse,—dans l'argot du peuple.
Connaître le courant. Savoir de quoi il s'agit.
Montrer le courant. Initier quelqu'un à quelque chose.
- COURANTE, s. f. Fluxus ventris,—dans l'argot des bourgeois.
- COURBE, s. f. Épaule,—dans l'argot des voleurs.
Courbe de maxne. Epaule de mouton.
- COUREUR, s. m. Libertin,—dans l'argot des bourgeois.
- COUREUSE, s. f. Fille ou femme qui a plus souci de son plaisir que de sa réputation et qui hante plus les bals que les églises.
- COUREUSE, s. f. Plume à écrire,—dans l'argot des voleurs.
- COURIR, v. n. Libertiner,—dans l'argot des bourgeois.