On écrivait au XVIe siècle gaudelereau,—ce qu'explique l'étymologie gaudere.
- GODET, s. m. Verre à boire,—dans l'argot du peuple.
- GODICHE, s. et adj. Niais, ou seulement timide.
On dit aussi Godichon.
- GODILLER, v. n. Se réjouir, être content.
- GODINETTE, s. f. Grisette, maîtresse.
Baiser en godinette. «Baiser sur la bouche en pinçant les joues de la personne,»—sans doute comme baisent les grisettes des romans de Paul de Kock.
- GOFFE, adj. Homme mal bâti, ou maladroit, grossier de corps ou d'esprit.
- GOGAILLE, s. f. Repas joyeux et plantureux.
- GOGO, s. m. Homme crédule, destiné à prendre des actions dans toutes les entreprises industrielles, même et surtout dans les plus véreuses,—chemins de fer de Paris à la lune, mines de café au lait, de charbon de bois, de cassonnade, enfin de toutes les créations les plus fantastiques sorties du cerveau de Mercadet ou de Robert Macaire.
A propos de ce mot encore, les étymologistes bien intentionnés sont partis à fond de train vers le passé et se sont égarés en route,—parce qu'ils tournaient le dos au poteau indicateur de la bonne voie. L'un veut que gogo vienne de gogue, expression du moyen âge qui signifie raillerie: l'autre trouve gogo dans François Villon et n'hésite pas un seul instant à lui donner le sens qu'il a aujourd'hui. Pourquoi, au lieu d'aller si loin si inutilement, ne se sont-ils pas baissés pour ramasser une expression qui traîne depuis longtemps dans la langue du peuple, et qui leur eût expliqué à merveille la crédulité des gens à qui l'on promet qu'ils auront tout à gogo?
Ce mot «du moyen âge» date de 1830-1835.
- GOGO (A), adv. A profusion, en abondance.
- GOGOTTE, adj. Faible, mou, sans caractère; malpropre, mauvais, désagréable. Argot des faubouriens.
Avoir la vue gogotte. Avoir de mauvais yeux, n'y pas voir clair, ou ne pas voir de loin.