En 1808 on disait: Courir la gueuse.
- GUEUSERIE, s. f. Action vile, honteuse, comme les coquins en peuvent seuls commettre.
- GUEUX, s. m. Petit pot de terre qu'on emplit de cendres rouges et que les marchandes en plein vent et les bonnes femmes pauvres placent sous leurs pieds pour se chauffer.
- GUEUX, s. m. Coquin,—dans l'argot du peuple, qui, d'un seul mot, prouve ainsi éloquemment que le Vice est le fils naturel de la Misère.
- GUEUX D'ARGENT! Expression du même argot, qui équivaut à l'argentum sceleratum (c'est-à-dire causa omnium scelerum) de l'argot des convives de Trimalcion, dans Pétrone. C'est un cri que poussent depuis longtemps les misérables et qui retentira longtemps encore à travers les âges.
- GUIBES, s. f. pl. Jambes,—dans l'argot des voyous.
- GUIBOLLES, s. f. pl. Jambes,—dans l'argot des faubouriens.
Jouer des guibolles. Courir, s'enfuir.
- GUICHEMAR, s. m. Guichetier,—dans l'argot des voyous.
- GUIGNE, s. f. Mauvaise chance,—dans l'argot des cochers qui ne veulent pas dire guignon.
Porter la guigne. Porter malheur.
- GUIGNE A GAUCHE, s. m. Homme qui louche,—dans l'argot des faubouriens.
- GUIGNER, v. a. Viser, convoiter, attendre,—dans l'argot du peuple.
- GUIGNON, s. m. Pseudonyme moderne du vieux Fatum.
Avoir du guignon. Jouer de malheur, ne réussir à rien de ce qu'on entreprend.
- GUIGNONNANT, adj. Désagréable.
C'est guignonnant! C'est une fatalité!
On dit aussi—à tort—guignolant.