- MANICLE, s. f. Se dit de toutes les choses gênantes, embarrassantes, comme le sont en effet les manicles des prisonniers.
Ce mot vient de manicæ, menottes. Les forçats, qui ne sont pas tenus de savoir le latin, donnent ce nom aux fers qu'ils traînent aux pieds; en outre, au lieu de l'employer au pluriel, comme l'exigerait l'étymologie, ils s'en servent au singulier: c'est ainsi que de la langue du bagne il est passé dans celle de l'atelier.
Frère de la manicle. Filou.
- MANIÈRE, s. f. Façon de se conduire avec les hommes,—dans l'argot des drôlesses habiles, qui ont ainsi comme les grands artistes, leur première, leur seconde, leur troisième manière. Le cynisme en paroles et en actions peut être la première manière d'une courtisane, et la pudicité, voire l'honnêteté, sa troisième manière,—la plus remarquable et la plus dangereuse.
- MANIÈRES, s. f. pl. Embarras, importance exagérée; mines impertinentes; simagrées,—dans l'argot des faubouriens.
- MANIGANCE, s. f. Intrigue, fourberie,—dans l'argot du peuple.
- MANIGANCER, v. a. Méditer une fourberie; préparer une farce, un coup, une affaire.
- MANIQUE, s. f. Métier; cuir dont les cordonniers se couvrent la main.
Connaître la manique. Connaîtreà fond une affaire.
Sentir la manique. Sentir le cuir ou toute odeur d'atelier.
- MANIVELLE, s. f. Chose qui revient toujours fastidieusement; travail monotone, ennuyeux.
C'est toujours la même manivelle. C'est toujours la même chanson.
- MANNEAU, pron. pers. Moi,—dans l'argot des voleurs.
On dit aussi Mézingaud et Mézière.