Régler une passade. Indiquer le moment où les personnages doivent se ranger dans un nouvel ordre,—le numéro un se trouvant à la gauche du public.
- PASSE, s. f. Guillotine,—dans l'argot des voleurs.
Être gerbé à la passe. Être condamné à mort.
- PASSE, s. f. Situation bonne ou mauvaise,—dans l'argot du peuple.
- PASSE, s. f. «Echange de deux fantaisies», dont l'une intéressée. Argot des filles.
Maison de passe. Prostibulum d'un numéro moins gros que les autres. M. Béraud en parle à propos de la fille à parties: «Si elle se fait suivre, dit-il, par sa tournure élégante ou par un coup d'œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste; rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s'arrête à la porte d'une maison ordinairement de belle apparence; là elle attend son monsieur, elle s'explique ouvertement avec lui, et, s'il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l'on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison».
Faire une passe. Amener un noble inconnu dans cette maison «de belle apparence».
- PASSÉ AU BAIN DE RÉGLISSE (Être). Appartenir à la race nègre,—dans l'argot des faubouriens.
- PASSE-CARREAU, s. m. Outil de bois sur lequel on repasse les coutures des manches. Argot des tailleurs.
- PASSE-CRIC, s. m. Passeport,—dans l'argot des voleurs.
- PASSE-LACET, s. m. Fille d'Opéra, ou d'ailleurs,—dans l'argot des libertins d'autrefois, qui est encore celui des libertins d'aujourd'hui.
- PASSE-LANCE, s. m. Bateau,—dans l'argot des voleurs.
- PASSEPORT JAUNE, s. m. Papiers d'identité qu'on délivre aux forçats à leur sortie du bagne.
- PASSER, v. n. Mourir,—dans l'argot des bourgeois.
- PASSER AU BLEU, v. a. Supprimer, vendre, effacer; manger son bien. Argot des faubouriens.
On disait, il y a cinquante ans: Passer ou Aller au safran. Nous changeons de couleurs, mais nous ne changeons pas de mœurs.
- PASSER AU DIXIÈME, v. n. Devenir fou,—dans l'argot des officiers d'artillerie.
- PASSER DE BELLE (Se). Ne pas recevoir sa part d'une affaire,—dans l'argot des voleurs.
- PASSER DEVANT LA GLACE, v. n. Payer,—dans l'argot des faubouriens, qui savent que, même dans leurs cafés populaciers, le comptoir est ordinairement orné d'une glace devant laquelle on est forcé de stationner quelques instants.
- PASSER DEVANT LA MAIRIE, v. n. Se marier sans l'assistance du maire et du curé,—dans l'argot du peuple.
- PASSER LA JAMBE, v. a. Donner un croc-en-jambe.
- PASSER LA JAMBE A THOMAS, v. n. Vider le baquet-latrine de la chambrée,—dans l'argot des soldats et des prisonniers.
- PASSER LA MAIN SUR LE DOS DE QUELQU'UN, v. a. Le flatter, lui dire des choses qu'on sait devoir lui être agréables. Argot du peuple.
On dit aussi Passer la main sur le ventre.