L'expression est encore employée de temps en temps.
- POUVOIR VOIR QUELQU'UN EN PEINTURE (Ne). Le haïr; le détester extrêmement,—dans l'argot des bourgeois.
- PRANDION, s. m. Repas copieux,—dans l'argot des artistes, dont quelques-uns, je pense, savent que cette expression est le mot latin (prandium) francisé par quelque écrivain fantaisiste.
C'est un provincialisme, maintenant naturalisé parisien.
- PRANDIONNER, v. n. Faire un repas plantureux.
- PRAT, s. f. Fille de mauvaise vie,—dans l'argot du peuple.
- PRATICABLE, s. m. Partie de décors accessible aux acteurs, montagnes, rochers, etc. Argot des coulisses.
- PRATIQUE, s. f. Petit instrument plat, composé de deux lames d'ivoire jointes, à l'aide duquel les saltimbanques imitent la voix stridente de Polichinelle.
- PRATIQUE, s. f. Libertin; homme d'une probité douteuse; débiteur qui ne paye pas ses dettes; soldat qui passe son temps à la salle de police, etc. Quand un homme a dit d'un autre homme: «C'est une pratique!» c'est qu'il n'a pas trouvé de terme de mépris plus fort.
- PRÉ, s. m. Bagne,—dans l'argot des voleurs.
On dit aussi le Grand pré.
Aller au pré. Être condamné aux travaux forcés.
On dit aussi: Aller faucher au pré.
- PRÉ-CATELANIÈRE, s. f. Petite dame, drôlesse, habituée de bals publics, du pré Catelan et de Mabille. Hors d'usage.
- PRÊCHI-PRÊCHA, s. m. Sermonneur ennuyeux,—dans l'argot du peuple.
- PRÉDESTINÉ, s. m. Galant homme qui a épousé une femme trop galante.
- PRÉFECTANCHE, s. f. Préfecture de police,—dans l'argot des voyous.
- PREMIÈRE, s. f. Manière elliptique de désigner la première représentation d'une pièce de théâtre,—dans l'argot des comédiens et des gens de lettres.
- PREMIÈRES, s. f. pl. Wagons de première classe.
On dit de même Secondes et Troisièmes, pour les voitures de 2e et de 3e classe.
- PREMIER NUMÉRO, adj. Excellent, parfait, numéro un.
- PREMIER-PARIS, s. m. Article de tête d'un journal politique où l'on voit, d'après Alphonse Karr, «une série de longues phrases, de grands mots qui, semblables aux corps matériels, sont sonores à proportion qu'ils sont creux».
- PRENDRE AU SOUFFLEUR. Jouer son rôle le sachant mal, en s'aidant du souffleur. Argot des coulisses.