M. Nisard, à propos de ce mot, éprouve le besoin de traverser la Manche et d'aller chercher bowsing, cabaret à matelots. C'est, me semble-t-il, renverser l'ordre naturel des choses, et faire descendre François Ier de Henri II. Bowsing n'est pas le père, mais bien le fils de bousin, qui lui-même est né de la bouse ou de la boue. Pour s'en assurer, il suffit de consulter nos vieux écrivains, depuis Régnier jusqu'à Restif de la Bretonne.
- BOUSINEUR, s. et adj. Ami du bruit et du scandale.
- BOUSINGOT, s. m. Etudiant romantique qui portait des gilets à la Robespierre et était affilié à la Société des saisons: un type héroïque, quoique un peu théâtral, qui a complètement disparu.
- BOUSINGOTISME, s. m. Doctrines et mœurs des bousingots.
- BOUSSOLE, s. f. Tête,—dans l'argot du peuple, qui sait aussi bien que personne que c'est là que se trouve l'aiguille aimantée appelée la Raison.
Perdre la boussole. Devenir fou.
- BOUSSOLE DE SINGE, s. f. Fromage de Hollande,—dans l'argot des faubouriens.
Ils disent aussi Boussole de refroidi.
- BOUSTIFAILLE, s. f. Vivres, nourriture, en un mot ce que Rabelais appelait «le harnois de gueule». Argot du peuple.
- BOUSTIFAILLER, v. n. Manger.
- BOUT DE CUL, s. m. Petit homme,—dans l'argot du peuple.
On dit aussi Bas du cul.
- BOUTANCHE, s. f. Boutique,—dans l'argot des prisons.
On dit aussi Boutogue, Boucard.
- BOUTEILLE, s. f. Nez,—dans l'argot des faubouriens.
- BOUTEILLE, s. f. Latrines,—dans l'argot des matelots.
- BOUTEILLE A L'ENCRE (C'est la). Se dit, dans l'argot des bourgeois,—de toute affaire embrouillée ou de toute personne aux allures ténébreuses.
- BOUTEILLER, v. n. Se dit des globules d'air,—des bouteilles,—que forme la pluie dans les ruisseaux lorsqu'elle tombe avec abondance.
- BOUTERNE, s. f. Boîte carrée d'assez grande dimension, garnie de bijoux d'or et d'argent numérotés, parmi lesquels il y a l'inévitable «pièce à choisir», qui est ordinairement une montre avec sa chaîne, «d'une valeur de 600 francs», que la marchande reprend pour cette somme lorsqu'on la gagne. Mais on ne la gagne jamais, parce que les chances du jeu de la bouterne, composés de huit dés, sont trop habilement distribuées pour cela: les dés sont pipés!
- BOUTERNIÈRE, s. f. Femme qui dupe les simples avec la bouterne.
- BOUTIQUE, s. f. Ce que les petites filles laissent voir si volontiers,—comme dans le tableau de l'Innocence. Argot du peuple.