Grande calebasse. Femme longue, maigre et mal habillée.
- CALEBASSES, s. f. pl. Gorge molle, qui promet plus qu'elle ne tient.
- CALÉGE, s. f. Femme entretenue,—dans l'argot des voleurs qui prononcent calèche à la vieille mode.
- CALER, v. n. Appuyer sa main droite sur sa main gauche en jouant aux billes,—dans l'argot des enfants.
- CALER, v. n. Céder, rabattre de ses prétentions,—ce qui est une façon de baisser les voiles. Argot du peuple.
- CALER, v. n. N'avoir pas de besogne, attendre de la copie,—dans l'argot des typographes.
- CALER L'ÉCOLE, v. a. N'y pas aller, la lâcher,—dans l'argot des écoliers qui ont appris assez de latin et de grec pour supposer que ce verbe vient de chalare et de Χαλαω [grec: Chalaô].
Mais les grandes personnes, même celles qui ont fait leurs classes, veulent qu'on dise caner et non caler, s'appuyant sur la signification bien connue du premier verbe, qui n'est autre en effet que Faire la cane, s'enfuir. Mais je persisterai dans mon orthographe, dans mon étymologie et dans ma prononciation, parce qu'elles sont plus rationnelles et qu'en outre elles ont l'avantage de me rappeler les meilleures heures de mon enfance. En outre aussi, à propos de cette expression comme à propos de toutes celles où les avis sont partagés, je pense exactement comme le chevalier de Cailly à propos de chante-pleure:
«Depuis deux jours on m'entretient
Pour savoir d'où vient chante-pleure:
Du chagrin que j'en ai, je meure!
Si je savais d'où ce mot vient,
Je l'y renverrais tout à l'heure...»
- CALICOT, s. m. Commis d'un magasin de nouveautés,—dans l'argot du peuple.
Le mot date de la Restauration, de l'époque où les messieurs de l'aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu'on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger.