Il faut que notre nom sorte de cette horrible aventure tel qu’il était quand on l’y a fait entrer; il faut que nos enfants entrent dans la vie la tête haute et fière.

Quant aux conseils que je puis te donner, que je t’ai développés dans mes lettres précédentes, tu dois bien comprendre que les seuls conseils que je puisse te donner sont ceux que me suggère mon cœur. Tu es, vous êtes tous mieux placés, mieux conseillés, pour savoir ce que vous avez à faire.

Je souhaite avec toi que cette situation atroce ne tarde pas trop à s’éclaircir, que nos souffrances à tous aient bientôt un terme. Quoiqu’il en soit, il faut avoir cette foi, qui fait diminuer toutes les souffrances, surmonter toutes les douleurs, pour arriver à rendre à nos enfants un nom sans tache, un nom respecté.

Je t’embrasse comme je t’aime, de toutes mes forces, de tout mon cœur, ainsi que nos chers et adorés enfants.

Alfred.


Le 20 octobre 1896.

Ma chère Lucie,

Je t’ai écrit ces derniers temps de bien nombreuses lettres, dans lesquelles je t’ai encore ouvert mon cœur.

Que puis-je y ajouter? Je ne puis souhaiter qu’une chose, c’est qu’on ait enfin pitié d’un tel martyre, et d’apprendre bientôt que, par les efforts soit des uns, soit des autres, la lumière est faite sur ce terrible drame dont nous souffrons si épouvantablement longtemps.