Quand donc cet horrible martyre sera-t-il fini? Quand donc reconnaîtra-t-on la vérité?

Comment vont nos pauvres chéris? Quand je pense à eux, c’est un torrent de larmes. Et toi, j’espère que ta santé est bonne. Il faut te soigner, ma chérie. Les enfants d’abord, la mission que tu as à remplir ensuite, t’imposent des devoirs auxquels tu ne peux manquer.

Pardon de mon style baroque et décousu. Je ne sais plus écrire, les mots ne me viennent plus, tant mon cerveau est délabré. Il n’y a plus qu’un point fixe dans ma tête: l’espoir de connaître un jour la vérité, de voir mon innocence reconnue et proclamée. C’est ce que je balbutie nuit et jour, dans mes rêves comme dans mon réveil.

Quand pourrais-je t’embrasser et retrouver dans ton profond amour la force qui m’est nécessaire pour aller jusqu’au bout de cet épouvantable calvaire?

Embrasse tout le monde pour moi.

Baisers aux chéris.

Je t’embrasse comme je t’aime,

Alfred.


Le 3 février 1895.
(Dimanche)