La partie de la rue des Bourdonnais qui aboutit au quai de la Mégisserie fut dite d'abord rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés, puis ruelle des Étuves, et enfin rue de l'Arche-Marion, du nom de la femme qui y tenait alors des étuves [16].
Un autre cul-de-sac des Étuves aboutissait dans le grand cul-de-sac Gloriette [17], qui lui-même débouchait dans la rue de la Huchette.
La rue du Chat-qui-pêche, située tout près de là, a porté aussi le nom de ruelle des Étuves [18].
On nommait également rue aux Étuves une petite voie qui allait de la rue des Cordeliers, aujourd'hui rue de l'École-de-Médecine, à la rue Mignon [19].
Il est clair que bien d'autres rues de Paris ont possédé des étuves, sans perdre pour cela leur nom primitif. Nous savons, par exemple, qu'à l'angle de la rue Beaubourg, des étuves destinées aux femmes étaient installées dans une maison qui avait pour enseigne le Lion d'argent [20].
Les Juifs, dont la loi prescrit aux femmes l'usage du bain au moins une fois par mois [21], avaient dès 1248 dans la rue de la Pelleterie, une maison d'étuves à leur usage: domus quæ fuit stuffæ Judæorum [22].
En somme, la Taille de 1292 mentionne vingt-six étuves, réparties à peu près dans tous les quartiers, et parmi lesquelles figurent celles de la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin[23], de la rue Sauval [24] et de l'impasse Marivaux [25].
Chaque matin, les valets étuveurs parcouraient les rues, annonçant que les bains étaient prêts:
Oiez c'on crie au point du jor[26]:
Seignor, quar vous alez baingnier