On sait que l’eau pure est le produit de la combinaison de 1 volume d’oxygène et de 2 volumes d’hydrogène. Ce qui fait, en poids, 100 oxygène et 12,50 hydrogène. L’eau de la mer est composée de même; mais on y trouve, en sus, d’autres éléments dont les chimistes nous ont révélé la présence. Sur 100 grammes d’eau de l’océan Atlantique, l’analyse a montré:

Grammes.
Eau96,470
Chlorure de sodium2,700
Chlorure de magnésium 0,360
Chlorure de potassium0,070
Bromure de magnésium0,002
Sulfate de magnésie0,230
Sulfate de chaux0,140
Carbonate de chaux0,003
Résidu 0,025

Outre ces substances, on a découvert encore, dans l’eau de la mer, en quantité minime il est vrai, de l’iode, du soufre, de la silice, de l’ammoniaque, du fer et du cuivre.

En examinant, à Valparaiso, des feuilles de cuivre retirées de la carène d’un bâtiment depuis longtemps submergé, on y a constaté des traces d’argent déposées par la mer.

Enfin, on trouve encore, en dissolution dans les eaux de l’Océan, une mucosité particulière, qui semble de nature végéto-animale, matière organique provenant de la décomposition successive des innombrables générations qui ont paru et disparu depuis l’origine du monde vivant. Cette matière a été parfaitement décrite par le comte Marsigli, qui la désigne tantôt sous le nom de glu, tantôt sous celui d’onctuosité.

Les sels nombreux qui existent dans l’Océan ne peuvent ni se déposer dans son lit, ni être enlevés par les vapeurs pour être restitués au sol par les pluies. Des agents particuliers les retiennent, les transforment et les empêchent de s’accumuler. De cette manière, les eaux possèdent toujours le même degré de salure et d’amertume, et l’Océan d’aujourd’hui présente les mêmes caractères chimiques ou physiques que l’Océan d’autrefois.

D’après les calculs du professeur Schafhäutl, de Munich, le total des sels contenus en dissolution dans la mer donnerait une masse de 4 millions et demi de lieues cubes. Le sel commun en compose, à lui seul, dans cette masse, 3 051 342, ce qui fait un corps d’un tiers plus petit que l’Himalaya et cinq fois aussi considérable que les Alpes.

La salure de la Méditerranée est plus forte que celle de l’Océan, probablement parce que cette mer perd, par l’évaporation, plus d’eau qu’elle n’en reçoit de ses fleuves. Par une raison contraire, la mer Noire et la mer Caspienne sont moins chargées de sel. La mer Morte renferme une quantité de sel si considérable, qu’un homme reste en suspension à sa surface comme un morceau de liége sur l’eau douce.

La salure de la mer semble en général moindre vers les pôles que sous l’équateur. Cependant il y a des exceptions pour certains pays.

Dans la mer d’Irlande, près du Cumberland, l’eau contient, en sel, le 40e de son poids; sur les côtes de la France, le 32e; dans la mer Baltique, le 30e; sur les côtes de Ténériffe, le 28e, et sur celles de l’Espagne, le 16e.