La mer Morte, ne recevant pas assez d’eau douce pour se maintenir au niveau des mers voisines, acquiert un degré de salure plus considérable, et pèse 1228 kilogrammes au lieu de 1027.

Le poids spécifique de l’eau de la mer est à peu près celui du lait de femme.

V

A une grande distance du rivage, l’Océan paraît bleu et le plus souvent d’une belle couleur d’azur (cœruleum mare). Cette teinte s’adoucit insensiblement jusqu’à ce qu’elle se confonde avec le ciel. Tout près de la côte, elle devient d’un vert plus ou moins glauque et plus ou moins brillant. Il y a des jours où l’Océan se montre un peu livide, et d’autres jours où il est d’un vert assez pur. Mise dans un vase, l’eau de la mer paraît transparente et sans couleur. D’après Scoresby, les régions polaires sont d’une teinte bleu d’outremer. Suivant Costaz, la Méditerranée est bleu céleste. Suivant Tuckey, l’Atlantique équinoxial est d’un bleu vif.

Plusieurs causes locales influent sur la couleur des eaux marines. L’eau semble blanche dans le golfe de Guinée, jaunâtre près du Japon, verdâtre à l’ouest des Canaries, et noire autour des îles Maldives. La Méditerranée, vers l’Archipel, devient quelquefois plus ou moins rouge. La mer Vermeille, près de la Californie, présente une teinte analogue.

Les noms de mer Blanche et de mer Noire paraissent provenir seulement des glaces de la première de ces deux mers et des tempêtes de la seconde.

Près des côtes où de fortes marées agitent un fond vaseux ou sablonneux, la teinte de la mer devient plus ou moins grisâtre; mais, quand dans les eaux les plus pures et les plus calmes, la couleur jaunâtre du fond se laisse voir à travers l’azur du liquide, il en résulte une teinte verte que les rayons du soleil nuancent quelquefois de reflets brillants, comme les feux de l’émeraude et du saphir.

Quand on descend dans l’Océan, on voit s’évanouir peu à peu les teintes azurées. A l’éclat du jour succède une lumière douce et uniforme; bientôt, on entre dans un crépuscule rougeâtre et terne; les couleurs se fondent, s’assombrissent, et l’on arrive par degrés à une nuit profonde.

VI

La mer présente une salure particulière, légèrement âcre, mêlée à une amertume un peu nauséabonde. Elle a une odeur sui generis. Elle est faiblement visqueuse.