En plusieurs endroits la mer est moins salée à la superficie qu’au fond.

Dans le détroit de Constantinople, la proportion est de 72 à 62; dans la Méditerranée, de 32 à 29. On prétend qu’en augmentant de salure, à une certaine profondeur, la mer diminue d’amertume. A l’embouchure des grands fleuves, il est à peine besoin de le dire, la mer est toujours moins salée que sur les côtes qui ne reçoivent aucun cours d’eau douce.

VII

L’Océan est sans cesse agité. Son immense surface se soulève et s’abaisse, comme si elle était douée d’une douce respiration (Schleiden). Ses mouvements, faibles ou puissants, lents ou brusques, sont déterminés d’abord par des différences de température.

La chaleur change le volume, et par suite le poids de l’eau, qui se dilate ou se resserre.

A mesure qu’il se refroidit, le liquide devient plus lourd et descend dans les profondeurs, jusqu’à ce qu’il soit arrivé à 4°,25, température qu’il conserve sous toutes les latitudes, à 1000 mètres de profondeur. (D’Urville.)

Si l’eau continue à se refroidir et si elle arrive à zéro, elle devient plus légère qu’elle n’était à 4°,25, et elle remonte; de sorte que la congélation, par suite d’une admirable prévoyance de la nature, ne peut avoir lieu qu’à la surface.

Tant que la température est au-dessus de 4°,25, l’eau chaude et légère se transporte à la surface, et l’eau froide descend dans le fond. A partir de 4°,25 et au-dessous, l’opposé a lieu: les couches froides montent, et les chaudes descendent à leur tour. Le premier phénomène se passe surtout sous les tropiques, et le second près des pôles; d’où résultent, d’une part, le refroidissement, et, de l’autre, la persistance d’une température moins basse dans les profondeurs des mers les plus chaudes ou les plus froides.

De l’élévation des couches chaudes provient l’évaporation qui forme les nuages, et les pertes que les mers éprouvent, par cela même, sont sans cesse compensées par les courants d’eau froide venus des pôles.

D’un autre côté, les pluies produites par les nuages condensés sont plus chaudes ou plus froides que les couches supérieures de la mer. Dans le premier cas, l’eau tombée reste à leur surface; dans le second, elle descend.