Les eaux des fleuves agissent aussi par leur température, par leur légèreté spécifique et par leur impulsion.
Les mouvements de l’air, les vents et les ouragans exercent encore une influence manifeste sur les agitations de l’eau.
Enfin, les attractions combinées de la lune et du soleil entraînent, chaque jour, autour du globe, deux ondes immenses qui, vers les nouvelles et les pleines lunes, s’élèvent à leur plus grande hauteur, et baignent les parties du rivage ordinairement découvertes. Ces grands mouvements sont désignés sous le nom de marées. Durant une moitié de l’année, les plus hautes marées ont lieu pendant le jour, et durant l’autre moitié, pendant la nuit.
Les marées, en plein Océan, ne s’élèvent qu’à une hauteur de 65 centimètres à un mètre. Mais, à la rencontre des continents, qui leur font obstacle, elles envahissent le littoral avec la vitesse d’un torrent, et montent à une hauteur qui varie depuis 3 mètres jusqu’à 20. Ces courants quotidiens balayent et purifient nos rivages, nos rades, nos ports, les embouchures de nos fleuves, répandent partout une fraîcheur vivifiante et salutaire. Soumis aux influences des corps célestes que des millions de lieues séparent de nous, ils n’en ont pas moins, dans leurs retours périodiques, toute la régularité mathématique du mouvement de ces corps. L’énorme volume d’eau qu’ils soulèvent, et qui renverserait les plus formidables barrières, s’arrête doucement au moment prévu, sans dépasser la limite qui lui est tracée. (Maury.)
VAGUE CREUSE.
Parmi les beaux spectacles de la mer, il faut placer les vagues, avec leur marche incessante et régulière, leur mugissement continu et monotone, et leur écume impatiente et fugitive, qui monte, descend, remonte, et vient mourir sur le rivage. Quelquefois la lame est lancée dans les falaises; mais, à la marée basse, elle retourne dans son lit, en formant mille cascades, mille ruisseaux, mille petites veines sinueuses.
Le volume et la puissance des vagues augmentent avec l’épaisseur de l’eau. On peut même, connaissant leur grandeur et leur vitesse, dans une région donnée, en déduire jusqu’à un certain point la profondeur de l’eau dans cette région. (Airy.)
La hauteur des vagues ordinaires peut aller jusqu’à 11 mètres. Leur force vient à bout des roches les plus dures; elle use leurs débris et finit par les arrondir; elle ballotte les galets, les froisse, les polit, les atténue et les réduit en sable fin, qui s’accumule dans les abîmes de la mer ou se dépose sur ses rives.