C’est M. Ehrenberg qui a découvert les yeux des Astéries. Ils sont placés à l’extrémité inférieure, au bout de chaque bras. (L’œil dans la main, comme Figaro!) Ce sont des globules d’un rouge vif, entourés d’un rempart de cils épineux. Pour s’en servir, l’animal est obligé de les ramener en dessous en relevant son rayon. Du reste, ces organes doivent être bien imparfaits, puisque, malgré les recherches les plus minutieuses, on n’a pu y trouver un cristallin (Valentin). Cependant Edward Forbes raconte avec beaucoup d’esprit l’histoire d’une Étoile de mer de la Méditerranée, la Luidie ciliaire[70], qui, après lui avoir échappé, en sacrifiant ses bras, ouvrait et fermait sa paupière épineuse, et le regardait avec un air moqueur!
III
Le frai des Étoiles de mer passe pour un poison violent.
Leurs œufs sont en nombre très-considérable. La mère les porte dans une cavité formée par la courbure du corps et des rayons. Ils sont logés de manière que l’animal est obligé de fermer sa cavité digestive et de se passer de nourriture pendant tout le temps de sa gestation. On a vu une Astérie rester ainsi onze jours sans aliments. Les femelles de presque tous les animaux mangent double, quand elles sont dans une situation intéressante!
Les œufs sont jaunâtres ou rougeâtres; ils produisent des petits ovoïdes et sans rayons, mais pourvus de cils vibratiles qui leur donnent l’aspect des Infusoires. Ils nagent avec vivacité.
Au bout de quelques jours, des appendices bourgeonnent sur la partie antérieure du corps, et forment comme quatre petits bras, à l’aide desquels la larve se fixe sur sa mère. Ce ne sont encore que des membres provisoires. Le corps s’aplatit ensuite graduellement, et se transforme en un disque d’abord arrondi, sur une des faces duquel, vers le milieu, surgissent, sous forme de protubérances globulaires, les rudiments des suçoirs. Il y en a dix rangées concentriques. Enfin, le corps devient pentagonal et plus ou moins semblable à une étoile. Les rayons sortent des angles, et l’animal est complet.
ASTÉRIE EN PLEINE REPRODUCTION DE SES RAYONS
Dessinée d’après le vivant (Concarneau).
Les Étoiles de mer jouissent à un haut degré du phénomène vital de la rédintégration; elles reproduisent avec une facilité étonnante des parties qui leur ont été enlevées. Les individus qui perdent par accident un ou plusieurs bras, les remplacent plus tard par des bras exactement semblables. Ces nouveaux membres en voie de développement sont d’abord très-petits, d’où il résulte nécessairement une aberration dans la figure étoilée de l’Astérie.
Il existe une espèce de l’océan Indien[71], qui offre souvent quatre bras, sur cinq, nouvellement reproduits, et par conséquent plus petits que le cinquième. L’étoile a pris l’aspect d’une comète.