Sir John Dalyell recueillit, le 10 juin, un rayon isolé d’une Astérie. Ce rayon ne donnait aucun signe de reproduction. Mais, le 15, parurent les rudiments de quatre nouveaux rayons, indiqués par de petites proéminences. Vers le soir, un de ces rudiments avait grossi du double; les autres se trouvaient moins avancés. Un orifice, c’est-à-dire une bouche, commençait à se former au centre du nouveau groupe. Le travail reproducteur fut alors en pleine activité, et, trois jours plus tard, l’animal possédait cinq rayons, dont quatre lilliputiens, comparés au rayon primitif. Au bout d’un mois, ce dernier tomba par morceaux, laissant l’Étoile nouvelle composée de quatre petites branches symétriques. Le vieux rayon était remplacé par un jeune animal complet. (Rymer Jones.)

IV

Les Astéries sont tourmentées par des parasites. Il n’est peut-être pas d’animal, marin ou non marin, qui ne serve de retraite et de nourriture à un autre animal ou à plusieurs autres animaux. Vivre aux dépens d’autrui, est une des grandes lois de la physiologie. Généralement, les parasites appartiennent à un groupe moins élevé en organisation que la victime qu’ils exploitent. Le contraire arrive rarement. En voici un exemple: c’est un petit Poisson qui passe sa vie dans la cavité intestinale d’une Astérie. Ce petit poisson s’appelle Oxybate de Brandes[72]; l’Astérie se nomme Culcite discoïde[73]. Un Vertébré vivant dans un Invertébré[74]!

V

Certaines Étoiles de mer ont un corps en forme de petit disque plus ou moins rond, d’où partent des rayons soutenus par une série d’osselets: ce sont les Ophiures, ainsi appelées à cause de la ressemblance grossière qui existe entre leurs bras et la queue d’un Serpent. Ces bras sont allongés, grêles, flexibles, onduleux, quelquefois garnis sur les côtés d’épines ou de soies.

Chez plusieurs espèces, dites Astrophytes, ils se bifurquent vers leur origine, puis se subdivisent en deux ou trois rameaux qui émettent des ramuscules plus ou moins nombreux, très-fins et très-contournés. Dans un individu, on a compté 81 920 ramifications.

Les rayons élégants des Ophiures s’agitent et se tordent suivant les besoins; ils saisissent les proies qui sont à leur portée, et les dirigent vers la bouche, placée toujours au-dessous et au centre de l’Étoile.

Chez les Astrophytes, l’ensemble des bras forme comme un filet pour prendre les victimes, et même comme un panier pour les tenir en réserve.

La cavité viscérale est absolument limitée au centre de la bête, et ne se prolonge pas dans les bras, comme chez les Astéries.

Quand on met une Ophiure dans une eau malpropre, ses rayons tombent les uns après les autres, morceau par morceau, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le disque. Figurez-vous une roue réduite à son moyeu. Cependant l’animal vit encore et mange toujours avec avidité. (Rymer Jones.)