La bouche est placée à l’un des bouts du cylindre. On voit autour des appendices lobés, pinnés ou ramifiés. Cette bouche offre en dedans un anneau osseux, de dix à douze pièces calcaires. C’est un rudiment de la lanterne d’Aristote. A l’extrémité postérieure, se trouve un autre orifice par où jaillit de temps en temps un courant d’eau semblable à une petite fontaine.

Les Holothuries habitent généralement à de grandes profondeurs. Leurs mouvements sont assez bornés. Elles exécutent une sorte de reptation au moyen des ondulations plus ou moins fortes de leur corps, ou bien à l’aide des contractions plus ou moins nombreuses de leurs pieds.

Toujours baisent la terre et rampent tristement.....

Leurs pieds sont tantôt vers le milieu du ventre, dans un endroit qui forme comme un disque (sur lequel rampe l’animal à la manière des Limaces); tantôt disposés en séries nombreuses tout le long du corps. Chez l’Holothurie frondeuse[83], des mers du Nord, ils forment cinq rangées longitudinales.

Certaines espèces sont armées de petits organes en forme d’hameçons ou d’ancres, qui leur permettent de s’amarrer aux roches sous-marines. Lorsque ces crochets agissent sur la peau des mains, ils peuvent causer une sensation cuisante de brûlure.

Une Holothurie de la baie de Matavaï, dans l’île d’Otaïti[84], décrite par Lesson, longue d’un mètre et très-contractile (au point de se réduire à 33 centimètres), est lubrifiée par un liquide âcre et corrosif qui fait naître un prurit intolérable sur les doigts, lorsqu’on la touche sans précaution. Aussi les naturels de la mer du Sud témoignent-ils la plus grande répugnance à sa vue. (Lesson.)

Beaucoup de Cornichons de mer, quand on les irrite, rejettent volontairement et brusquement leurs viscères, et ne tardent pas à périr. Ce phénomène est bien une des choses les plus étonnantes et les plus inexplicables qui existent dans les mœurs des animaux!

«Il est bon de comprendre clairement, dit le père Malebranche, qu’il est des choses qui sont absolument incompréhensibles.»

Le docteur Johnston raconte qu’il avait oublié une pauvre Holothurie, pendant deux ou trois jours, dans de l’eau non renouvelée. L’infortunée devint triste et malade (on le serait à moins). Bientôt elle vomit tout à la fois ses tentacules, son appareil buccal, son tube digestif et une partie de ses ovaires..... Ces organes tombèrent çà et là au fond du vase. L’effort musculaire avait été sans doute bien terrible, pour déterminer un pareil effet, et cependant la vie de la malheureuse n’était pas éteinte; car sa peau vide se contractait au moindre attouchement, et prouvait, par ses contorsions, qu’elle n’avait presque rien perdu de son irritabilité.

Mais ce qui est plus extraordinaire encore que ce vomissement et cette contraction, c’est que l’animal, privé de ses anciens viscères, en reproduisit de nouveaux au bout de trois ou quatre mois, et recommença, tout joyeux, son train de vie habituel. (J. Dalyell.)