La division spontanée de certaines Holothuries, qui se partagent en deux morceaux, n’est pas moins digne de remarque que le rejet et la restauration de leurs organes. L’individu demeure quelque temps stationnaire; chacune de ses extrémités s’élargit et s’aplatit. En même temps, sa partie moyenne devient graduellement étroite, et finit par se réduire à un fil très-mince. Ce fil se rompt. On a alors deux demi-Holothuries de grosseur égale ou inégale. Plus tard, chaque portion se complète, et il en résulte deux animaux exactement semblables au premier. (Rymer Jones.)

II

Les Chinois mangent les Holothuries, ils estiment surtout le Trépang. Cet animal est chez eux l’objet d’un commerce considérable. Des milliers de jonques malaises sont équipées, tous les ans, pour la pêche de ce Zoophyte, et même des navires anglais et anglo-américains se livrent à la vente de cette denrée.

La récolte du Trépang exige beaucoup de patience et d’adresse. Le pêcheur malais se tient penché sur le bord de son embarcation, ayant dans les mains une longue perche formée de plusieurs bambous attachés bout à bout, et terminée par un crochet acéré. Sous le beau ciel de ce pays, son œil exercé aperçoit à une profondeur souvent considérable l’Holothurie qui rampe sur les fonds de sable ou de roche. Alors le Malais descend doucement le harpon, et, d’un coup prompt et sûr, il accroche l’animal.

PÊCHE MALAISE DU TRÉPANG
(Trepang edulis Jäger).

On fait ensuite dégorger les Trépangs dans de la chaux de corail, et on les dessèche à la fumée (Lesson). La plus grande partie est expédiée en Chine. La tonne se vend jusqu’à 1800 francs.

Coupés en filaments, on en fait des potages qui rappellent, par leur délicatesse, la soupe à la Tortue.

La pêche a dépouillé les localités où ces animaux étaient autrefois très-abondants. Il serait à désirer qu’elle fût soumise à une réglementation.

Aux îles Mariannes, on recherche le Guam[85], et à Naples, la tubuleuse.