II
Les Acéphales testacés sont plus nombreux que les Acéphales nus.
On les appelle bivalves, parce qu’ils possèdent une coquille à deux battants (valves). Ils sont abrités dans cette double carapace comme un livre dans sa couverture.
Quoiqu’ils manquent de tête, ils se nourrissent, ils sentent et ils se reproduisent. Ils ont des amitiés et des inimitiés, peut-être même des passions..... Toutefois ces dernières ne doivent pas être bien vives; car la plupart de ces animaux ont de la peine à changer de place, même à faire le moindre mouvement. Plusieurs demeurent fixés au rocher qui les a vus naître. Or, les sentiments tumultueux ne sont guère compatibles avec l’immobilité.....
Les bivalves sont répandus dans toutes les mers. On trouve partout des Vénus, des Tellines et des Arches. Quelques espèces semblent cantonnées dans certaines régions: les Pandores n’appartiennent qu’aux mers du Nord; les Cames ne prospèrent, au contraire, que dans la zone australe. Les Tridacnes n’ont été encore trouvées que dans les eaux situées entre l’Inde et l’Australie.....
Les bivalves habitent dans le sable ou dans la vase, sur des rochers et au milieu des plantes aquatiques. Ils peuvent vivre à de très-grandes profondeurs. La sonde a retiré, de 2800 mètres, une Huître et une Pèlerine pleines de vie et de santé (A. Edwards).
Les bivalves ont une coquille ovoïde, globuleuse, trigone, en forme de cœur, allongée comme une gousse ou aplatie comme une feuille. Cette coquille est une sorte d’étui à charnières, composé de battants égaux ou inégaux. Parfois l’un de ces battants est bombé et l’autre plat. Leur partie antérieure ressemble à la postérieure, ou en diffère d’une manière plus ou moins tranchée.
Les deux valves peuvent offrir plusieurs pièces accessoires; de là le nom de multivalves que les anciens avaient donné aux coquilles ainsi organisées.
Les bivalves, un peu locomotiles, changent de place à l’aide d’un pied charnu extensible, qui ressemble moins à un véritable pied qu’à une grosse langue. Cet organe varie beaucoup quant à sa forme. C’est tour à tour une hache, une ventouse, une perche, une alène, un doigt, une sorte de fouet, une espèce de ressort. Ce pied est simple, fourchu ou frangé. Chez quelques espèces, son tissu paraît spongieux et capable de recevoir une quantité d’eau considérable. Alors l’organe se gonfle, s’allonge et se roidit. Puis, expulsant brusquement tout le liquide qu’il contient, il redevient petit et flasque, et peut rentrer dans la coquille.