TELLINE ÉLÉGANTE
(Tellina pulcherrima Sowerby).

Les Mollusques se servent de leur pied très-habilement. Ils l’étendent, le fixent par l’extrémité, le contractent sur son point d’appui, et se portent en avant. Réaumur a comparé la progression de ces animaux à celle d’un homme placé sur le ventre, qui allonge un bras, saisit un objet solide et entraîne son corps vers cet objet. Il y a cette seule différence que, chez le Mollusque, le membre se contracte tout entier.

MODIOLE LITHOPHAGE
(Modiola lithophaga Lamarck).

Dans quelques cas rares, le bivalve agit exactement en sens inverse: il appuie fortement son pied contre le sable, le roidit, et fait reculer son corps, à peu près comme le batelier qui dirige sa nacelle en pressant avec sa rame contre le fond de la rivière.

Certains Acéphales exécutent de petits bonds et même de véritables sauts, mais c’est par un autre mécanisme: c’est en ouvrant et fermant leurs valves à plusieurs reprises et brusquement. Les Pèlerines s’élancent quelquefois à travers les ondes pour éviter un danger. Les Limes[94] voltigent dans l’eau comme les papillons dans l’air, avec la même légèreté et la même étourderie. Leur locomotion est favorisée par une centaine de tentacules allongés, grêles, cylindriques, très-contractiles et très-mobiles, placés sur les bords du manteau, et composés de nombreux petits articles qui rentrent, au besoin, les uns dans les autres. (Deshayes.)

III

Les Manches de couteau, ou Solens, s’enfoncent verticalement et profondément dans le sable. Leurs places sont indiquées par des trous qui correspondent au siphon de l’animal. Quand le Mollusque est alarmé, il rejette hors de son trou une certaine quantité de liquide, qu’il lance comme un petit jet d’eau. Ces Mollusques s’enterrent avec leur énorme pied conique, qu’ils allongent outre mesure; ils en font une dague naturelle qui s’aplatit, se fait pointue et perfore admirablement le terrain, puis qui redevient cylindrique, se renfle à l’extrémité et tire le coquillage de haut en bas. Il faut très-peu de temps pour qu’un Manche de couteau ait pénétré à une profondeur de 50 centimètres.

Les Dattes de mer, les Pétricoles, les Saxicaves et les Pholades se pratiquent une résidence dans le bois et dans les pierres. Leur cellule semble faite avec un emporte-pièce. Les Mollusques y sont logés étroitement, comme dans un étui, à pli de corps.