Scoresby s’est souvent amusé à plonger ses matelots dans la stupéfaction, en allumant sa pipe avec un glaçon taillé. Il dégrossissait le morceau à la hache, le raclait avec un couteau, et le polissait avec la chaleur de la main, en le soutenant avec un gant de laine. Un jour, il se procura de la sorte une lentille merveilleusement transparente, de 35 centimètres de diamètre.
CHAPITRE II
LA VIE DANS LA MER.
«Que les eaux produisent en toute abondance des animaux qui aient vie et qui se meuvent!»
(Genèse.)
I
A l’aspect de la haute mer, libre de tout rivage, celui qui aime à créer en lui-même un monde à part où puisse s’exercer librement l’activité spontanée de son âme, celui-là se sent rempli de l’idée sublime de l’infini. Son regard cherche surtout l’horizon lointain. Il y voit le ciel et l’eau qui s’unissent en un contour vaporeux où les astres montent et descendent, paraissent et disparaissent tour à tour. Mais bientôt cette éternelle vicissitude de la nature réveille en lui le vague sentiment de tristesse qui est au fond de toutes les joies de notre cœur. (Humboldt.)
Des émotions d’un autre genre, et tout aussi sérieuses, sont produites par la contemplation et par l’étude des innombrables êtres organisés qui peuplent l’Océan.
En effet, cette immense masse d’eau qu’on appelle la mer n’est pas un vaste désert liquide. La vie habite dans son sein, comme elle habite sur la terre. Elle y règne en souveraine, avec ses épanouissements, son luxe et ses agitations.