Le temps qu’un habile plongeur peut demeurer sous l’eau excède rarement trente secondes. Lorsque les circonstances sont favorables, chaque individu peut faire quinze à vingt descentes. Souvent il ne plonge guère que trois ou quatre fois. Ce travail est pénible. Les plongeurs, revenus dans la barque, rendent quelquefois par la bouche, le nez et les oreilles, de l’eau teintée de sang: aussi deviennent-ils rarement vieux.

On pêche habituellement jusqu’à midi. Un second coup de canon donne le signal de la retraite. Les propriétaires attendent leurs canots et surveillent leur déchargement, lequel doit avoir lieu avant la nuit.

En 1797, le produit de la pêche, à Ceylan, fut de 3 600 000 francs, et, en 1798, de 4 800 000 francs. A partir de 1802, la pêcherie était affermée pour la somme de 3 millions; mais, depuis une quinzaine d’années, les bancs de Pintadines sont moins productifs. (Lamiral.)

Les indigènes des côtes du golfe du Bengale, ceux des mers de la Chine, du Japon et de l’archipel Indien, se livrent aussi à la pêche des Pintadines. Le produit de cette industrie est estimé, dans ce pays, à une vingtaine de millions.

Des pêcheries analogues ont lieu sur les côtes opposées à la Perse, sur celles de l’Arabie, jusqu’à Mascate et la mer Rouge.

Dans ces pays, la pêche ne se fait qu’en juillet et août, la mer n’étant pas assez calme dans les autres mois de l’année. Arrivés sur les bancs de Pintadines, les pêcheurs rangent leurs barques à quelque distance les unes des autres, et jettent l’ancre à une profondeur de 5 à 6 mètres. Les plongeurs se passent alors sous les aisselles une corde dont l’extrémité communique avec une sonnette placée dans la barque. Ils mettent du coton dans leurs oreilles et pincent leurs narines avec une petite pièce de bois ou de corne. Ils ferment hermétiquement la bouche, attachent une grosse pierre à leurs pieds, et se laissent aller au fond de l’eau. Ils ramassent indistinctement tous les coquillages qui sont à leur portée, et les jettent dans un sac suspendu au-dessus des hanches. Dès qu’ils ont besoin de reprendre haleine, ils tirent la sonnette, et aussitôt on les aide à remonter.

Sur les bancs de l’île de Bahrein, la pêche des perles produit seule environ 6 millions de francs, et, si l’on y ajoute les approvisionnements fournis par les autres pêcheries du voisinage, la somme totale donnée par ces côtes arabes peut s’élever jusqu’à 9 millions. (Wilson.)

Dans les mers du sud de l’Amérique, il existe aussi des pêcheries de même genre. Avant la conquête du Mexique et du Pérou, les pêcheries étaient situées entre Acapulco et le golfe de Tehuantepec. Mais, après cette époque, d’autres exploitations furent établies auprès des îles de Cubagua, de Marguerite et de Panama. Les résultats en devinrent si productifs, que des villes populeuses ne tardèrent pas à s’élever dans ces divers lieux. (Lamiral.)

Sous le règne de Charles-Quint, l’Amérique envoyait des perles à l’Espagne pour une valeur annuelle de plus de 4 millions de francs. Aujourd’hui, l’importance des pêcheries américaines n’est plus évaluée qu’à 1 500 000 francs.

Les plongeurs des côtes dont il vient d’être question descendent tout nus dans la mer. Ils y demeurent vingt-cinq à trente secondes, pendant lesquelles ils arrachent seulement deux ou trois Pintadines. Ils plongent ainsi douze à quinze fois de suite: ce qui donne, en moyenne, de trente à quarante Pintadines par plongeur.