Quand elles sont adhérentes aux valves, on les détache avec des tenailles. Mais, habituellement, les rogueurs les cherchent au milieu du parenchyme de l’animal. Puis on fait bouillir ce même parenchyme, et on le tamise pour obtenir les plus petites, ou bien les grosses oubliées dans la première opération.
Quelques mois après qu’on a jeté le Mollusque putréfié, on voit encore de misérables Indiens remuer ces masses corrompues, pour y chercher les petites perles qui ont pu échapper à la sagacité des industriels.
On nomme baroques les perles adhérentes à la coquille: leur forme est plus ou moins irrégulière; elles se vendent au poids. On appelle vierges ou parangons les perles isolées, formées dans le tissu de l’animal: elles sont globuleuses, ovoïdes ou piriformes; elles se vendent à la pièce.
On nettoie les perles recueillies. On les travaille avec de la poudre de nacre, afin de leur donner de la rondeur et du poli. Enfin, on les fait passer dans divers cribles de cuivre pour les séparer en catégories.
Ces cribles, au nombre de onze, sont faits de manière à pouvoir s’enchâsser les uns dans les autres; chacun est percé d’un nombre de trous qui détermine la grosseur des perles et leur donne leur numéro commercial. Ainsi, le crible no 20 est percé de vingt trous, et les cribles nos 30, 50, 80, 100, 200, 600, 800, 1000, sont percés d’un nombre de trous égal à ces chiffres. Les perles qui restent au fond des cribles nos 20 à 80 sont comprises sous la dénomination de classe mell, ou perles du premier ordre. Celles qui traversent les cribles nos 100 à 800 sont de la classe vadivoo, ou perles du second ordre. Enfin, celles qui passent au travers du crible no 1000 appartiennent à la classe nommée tool, ou semence de perles, qui sont celles du troisième ordre. (Lamiral.)
On enfile avec de la soie blanche ou bleue les perles moyennes et les petites; on réunit les rangs par un nœud de ruban bleu ou par une houppe de soie rouge, et on les expédie ainsi par masses de plusieurs rangs, suivant le choix des perles.
Les très-petites perles, dites semence, se vendent à la mesure de capacité ou au poids.
En Amérique, on ouvre les bivalves l’un après l’autre, avec un couteau, et l’on cherche les perles en écrasant le Mollusque entre les doigts. On n’attend pas que son parenchyme ait été ramolli par la putréfaction, et on ne le fait pas bouillir. Ce travail est plus long et moins sûr que le procédé des Indes orientales décrit plus haut; mais les Américains prétendent que leur manière d’opérer conserve mieux aux perles leur fraîcheur et leur orient.
VII
Divers auteurs ont donné la mesure ou le prix de plusieurs perles célèbres.