Nous avons sous les yeux une petite Éolide qui rampe tranquillement sur les parois d’un bocal. Elle a 4 centimètres de longueur, et un corps demi-transparent, légèrement azuré. Sa tête est à peine renflée et sa queue assez pointue. Son dos paraît jaunâtre et chatoyant. Ses cornes antérieures sont grêles et flexueuses; les postérieures, un peu moins longues et légèrement écartées, droites et roides. Les branchies forment quatre touffes rapprochées de lobes lancéolés-linéaires, un peu aigus, d’un rose vif, passant au pourpre à la partie inférieure, et devenant couleur de chair pâle vers le sommet. Leur pointe est incolore et transparente.

Il serait difficile de rendre une vilaine Loche plus élégante et plus gracieuse.

Pour terminer dignement ce paragraphe, nous décrirons, d’après M. de Quatrefages, la délicieuse Amphorine d’Albert[120], découverte par M. Camille Dareste, près de Bréhat, parmi les Goëmons.

L’animal est allongé, avec une tête plus grosse et surtout plus haute que le corps, et la queue très-effilée et très-pointue. Il possède quatre cornes inégales, disposées comme celles des Colimaçons; il a deux yeux petits, violets, placés non pas au bout des grandes cornes, mais à leur base et en arrière. Les appendices branchiaux, au nombre de douze et sur deux rangs, ne ressemblent en rien à ceux des autres Céphalés. Ils sont alternativement fusiformes et ovoïdes, les uns petits, les autres grands; les premiers semblables à des urnes lacrymales, et les seconds à des amphores!

Ce Mollusque paraît légèrement rugueux et d’un beau blanc mat. La partie moyenne de ses cornes est d’un jaune d’or. Un cercle de la même couleur se trouve vers l’extrémité supérieure des branchies, et donne à leur sommet l’apparence d’un couvercle qui fermerait une ouverture à rebord coloré. Sur la ligne médiane du dos, il existe une série de taches jaunes. L’Amphorine est un vrai bijou de la nature.

II

Les Céphalés testacés possèdent une coquille d’une seule pièce. C’est pourquoi on les a nommés univalves. Cette coquille présente quelquefois une porte appelée opercule.

Chez les Nérites, la porte se meut sur un petit gond.

La coquille des Céphalés est habituellement tordue en spirale. «Quelle est la loi de cette organisation?» nous demandait un jour un jeune bachelier de la plus haute espérance. Voici notre réponse: