Ces bras sont armés de deux ou trois rangées de ventouses ou suçoirs, petites coupes circulaires avec une ouverture au centre, laquelle conduit à une cavité.

A cet orifice s’adapte une sorte de piston. Ces ventouses s’appliquent et adhèrent avec une force surprenante au corps glissant des Poissons, des Mollusques et des autres habitants de la mer. On a calculé que, dans une Sèche, il y a neuf cents de ces ventouses.

Quelquefois les suçoirs des extrémités présentent, au centre de chaque coupe, une griffe acérée et recourbée. On comprend, d’après cette organisation, que la victime la plus lisse et la plus visqueuse ne puisse pas échapper au vorace destructeur.

Dans le Cirroteuthis de Müller, les bras sont réunis par une expansion membraneuse, couleur lilas clair, en forme de cloche légèrement lobée, semblable à la corolle d’un Solanum ou d’un Convolvulus.

Les Céphalopodes marchent la tête en bas et le corps presque vertical. Les bras leur servent alors de pieds.

CIRROTEUTHIS DE MULLER
(Cirroteuthis Mülleri Eschricht).

Une espèce de l’océan Pacifique peut faire des bonds considérables. On a vu un de ces Mollusques s’élancer hors de l’eau, et tomber sur le pont d’un navire, où il fut pris (J. Franklin). James Ross rapporte qu’un certain nombre de Sèches bondirent sur son vaisseau, élevé de 16 pieds anglais. On en recueillit plus de cinquante. Quelques-unes passèrent par-dessus le pont et retombèrent dans la mer.

Dans l’intérieur des Céphalopodes se trouve une poche qui renferme une liqueur noire comme de l’encre, brune comme du bistre, ou d’un violet foncé. Cette poche communique avec l’extérieur, au moyen d’un petit canal. Lorsqu’ils sont poursuivis ou menacés, ils lâchent une partie de leur liqueur, qui trouble l’eau, et ils profitent du brouillard artificiel qu’elle a produit pour se sauver au plus vite.

Un écrivain anglais compare le stratagème de nos Mollusques à la vieille tactique de certains hommes politiques ou théologiens, qui, pour échapper aux raisons qu’on leur oppose, ne trouvent rien de mieux que de répandre du noir dans la discussion. «L’obscurité devient leur force et leur triomphe. Ils troublent la vue des esprits faibles ou peureux, se dérobent à l’examen, et passent pour invulnérables à travers les siècles, comme les Céphalopodes à travers les eaux noircies de l’Océan.» (J. Franklin.)