BRACHIONS.
Dans les espèces dites bivalves, la tunique est de deux pièces, jointes ensemble dans toute la longueur du dos. C’est un paletot-sac qui se ferme par derrière ou par dessus.
L’organe singulier, plus ou moins dilaté, rotiforme (adjectif peut-être trop savant!), qui caractérise surtout nos animalcules, paraît toujours bordé de cils. Il offre souvent une échancrure dans sa partie moyenne, laquelle lui donne la figure d’un 8 couché horizontalement. On croit alors voir deux roues indépendantes, accolées (Dutrochet). Comme les cils des bords sont vibratiles, et qu’ils décrivent avec une rapidité extrême des cercles dans la même direction, les expansions qui les portent prennent l’apparence de deux roues d’engrenage tournant en sens contraire, de dehors en dedans (Dujardin). Dutrochet supposait mal à propos l’existence d’une bordure membraneuse, plissée régulièrement, comme une collerette, et agitée d’un mouvement ondulatoire continu.
Les cils vibratiles précipitent vers la bouche les corpuscules tenus en suspension dans l’eau; ils mettent le Rotifère en rapport constant avec l’air dissous dans le liquide, et contribuent en même temps à sa progression.
La puissance créatrice sait tirer le plus grand parti possible de ses moindres combinaisons. Elle fait souvent beaucoup avec très-peu. Elle remplit trois ou quatre fonctions avec un cil!
Plusieurs Rotifères sont sans queue (Anurées). Certains en ont une toute petite, d’autres une longue; et celle-ci est tantôt simple (Siliquelles), tantôt bifurquée (Furculaires), quelquefois à trois branches et à trois pointes (Ézéchiélines). Dans les Ptérodines, cet organe se termine par une fossette en forme de ventouse. Lorsqu’on voit ces animaux pour la première fois, on croit aborder le domaine du fantastique.
Quand les Rotifères nagent, la queue leur sert de gouvernail. En même temps les lobes ciliés paraissent se mouvoir comme les roues d’un bateau à vapeur.
Plusieurs de ces petites créatures portent sur le front une sorte de prolongement en forme de corne ou de trompe, dont on ignore la fonction. Est-ce une arme offensive ou défensive?
La bouche est très-ample et très-contractile. Elle a la forme d’un entonnoir ou d’une cloche. Elle offre deux mâchoires latérales; ce sont de simples tiges cornées et coudées, terminées par une ou plusieurs dents; ou bien des arcs tendus, dans lesquels les dents sont disposées comme le seraient des flèches prêtes à partir. (Ehrenberg.)