Quel beau sujet d’études pour les savants, et quelle admirable source d’inspirations pour les poëtes!

Lorsque la Vénus mit à l’ancre à Simon’s-town, la mer exhalait une phosphorescence si abondante, que la chambre des naturalistes de l’expédition semblait éclairée par une torche.

L’eau brillante, puisée dans un seau, présente en coulant l’aspect du plomb fondu (Quatrefages). Quand on y plonge la main, on la retire couverte de corpuscules lumineux et dégouttante de diamants vivants.

Certains animalcules, doués d’une phosphorescence peu marquée, peuvent, lorsqu’ils sont très-nombreux, rendre les eaux tout à fait blanches. Ce phénomène est désigné par les marins hollandais sous le nom de mer de lait ou mer de neige. Les bestioles dont il s’agit, offrent à peine un ou deux dixièmes de millimètre de longueur et l’épaisseur d’un cheveu. Ce sont des géants parmi les Infusoires! Elles adhèrent les unes aux autres par les extrémités, et forment de longues files quelquefois extrêmement nombreuses.

En 1854, dans le golfe du Bengale, le capitaine Kingmann navigua pendant trente milles au milieu d’une énorme tache blanche: c’était une mer de lait.

Dans la nuit du 20 au 21 août 1860, M. Trébuchet, commandant la frégate la Capricieuse, en rade d’Amboine, fut témoin d’un magnifique spectacle de même genre, qui dura jusqu’au lever du jour. L’Océan ressemblait à certaines plaines de terrain crayeux fortement éclairées par la lune.

II

La Noctiluque miliaire est un des Infusoires pélagiens qui contribuent le plus à la phosphorescence de la mer (Rigaut, Suriray). Cet animalcule, oublié par Cuvier dans son Règne animal, a été rapproché par les naturalistes, tantôt des Anémones[3], et tantôt des Méduses[4] et des Foraminifères[5]. Dans 30 centimètres cubes d’eau, il peut en exister 25 000!...