Les Crustacés ont les sexes séparés. Les mâles ressemblent plus ou moins aux femelles. Cependant, chez certaines espèces parasites des Poissons, on rencontre, entre les deux sexes, des différences très-notables, non-seulement dans la forme, mais surtout dans la taille. Le mâle est cinquante fois, cent fois, même mille fois plus petit que sa femelle! Évidemment, dans ce ménage, c’est l’époux qui doit être dirigé et maîtrisé par l’épouse! Cette dernière loge presque toujours son mari... dans une ride de son dos!
Les fausses pattes des Crustacés sont employées par les femelles à soutenir les œufs qu’elles transportent avec elles.
On a compté dans une Chevrette 6807 œufs, et dans un Crabe 21 699. Dans d’autres espèces, on en a trouvé 25 000, 30 000 et jusqu’à 100 000. Trois ou quatre de ces derniers Crustacés seraient suffisants pour engendrer en six mois une famille égale en nombre à la population du Portugal!
Les œufs des Crustacés sont petits, globuleux ou ovoïdes, jaunâtres ou rougeâtres. Ceux des Chevrettes paraissent d’un roux brun; ceux des Langoustes, d’un jaune d’or.
Les œufs de quelques espèces se conservent desséchés pendant un grand nombre d’années, et ne se développent que lorsque les circonstances favorables se présentent.
Quand les œufs sont près d’éclore, ils sont plus gros et plus transparents. A travers leur mince enveloppe, on distingue parfaitement les yeux de l’embryon. Celui-ci ne communique pas avec le jaune par le ventre, comme l’embryon de la Poule, mais par le dos (Hérold), comme celui du Ver à soie.
ZOÉ
(Larve du Crabe commun).
Les petits ne ressemblent pas beaucoup aux parents. Ils ont souvent un aspect assez étrange, à tel point que les naturalistes les avaient d’abord pris pour des animaux particuliers, et en avaient fait un genre distinct, sous le nom de Zoé (Thompson). Tous sont plus ou moins arrondis, avec une longue pointe dirigée en avant, arquée comme le bec d’un Ibis, et une autre partant de la nuque, proéminente comme une épine de Groseillier; un ventre singulièrement grêle, une queue fourchue plus ou moins ramifiée, et de longues pattes articulées, pourvues chacune d’un long appendice dont l’extrémité digitée est garnie de cils vibratiles propres à la natation. Ces larves ne possèdent pas de pinces; elles nagent avec une très-grande rapidité. On sait que l’animal adulte n’est pas organisé pour la natation. «Rien, en un mot, dit M. de Quatrefages, ne rappelle, chez eux, ce Crabe à corps aplati, verdâtre, qui fuit sans trop de hâte devant le promeneur, et semble, dans sa marche oblique et saccadée, lui adresser le geste bien connu des gamins de Paris!»
A chaque pas, dans l’étude de la Nature, on est terrassé de surprise, comme dit M. Michelet.