Nous en avons découvert un autre installé dans un morceau de pierre ponce.
Au Jardin zoologique d’acclimatation, il existait, en juillet 1861, un Bernard qui avait introduit son abdomen dans une Anémone de mer vivante. Il la traînait avec lui, bon gré mal gré, partout où il lui plaisait. L’Anémone, quand elle n’était pas trop secouée, étalait paisiblement les rayons de sa collerette, et semblait presque habituée à l’occupation de sa poche digestive. Cependant elle ne mangeait pas! Les déjections du Bernard lui servaient-elles d’aliment? Comment l’estomac de l’Anémone n’exerçait-il aucune action dissolvante sur la queue et sur le ventre du Bernard? Toujours des faits qui embarrassent la science!
IV
Un petit animal de la famille de notre Crustacé choisit une pierre plate et la couche sur son dos, comme un abri solide. Il la retient avec ses deux pattes de derrière.
La Dromie globuleuse se couvre et se protége avec une valve de coquille. Elle la porte sur elle comme un bouclier.
M. Spencer Bate avait mis dans un verre quelques Puces de mer, avec une petite Ulve verte. Au bout d’une heure ou deux, il vit avec surprise que l’une de ces petites créatures avait enroulé autour d’elle la plante marine, et s’en était fait une sorte de tube protecteur, dans lequel elle vivait commodément et paisiblement, n’en sortant que la tête et les antennes. Lorsqu’on la tourmentait, elle se retirait bien vite au centre de sa maisonnette, s’y retournait, et sortait alors la tête par l’autre extrémité.
L’Amphithoé rougeâtre[193] cherche sous les pierres, dans les crevasses des rochers ou entre les tiges des Fucus, des endroits bien abrités, et là elle se construit un petit nid, composé d’une matière soyeuse et de corpuscules étrangers étroitement unis et mastiqués. Examiné au microscope, ce nid présente une grande quantité de fils très-fins entrelacés et comme tissus d’une manière très-serrée. Çà et là on remarque quelques soies plus fortes, doubles, tordues en spirale. (Spencer Bate.)
V
Le Pinnothère[194], joli Crustacé d’un rose vif, de la taille d’un pois, se fait le commensal de quelque grosse Huître. Il entre et vit dans la maison du bivalve exactement comme chez lui.
Pline croyait que ce petit Crabe reconnaissait, en hôte généreux, l’hospitalité qu’on lui accorde (à la vérité un peu forcément). L’Huître, disait-il, est aveugle et pourrait être surprise par quelque méchant animal. Le Pinnothère, qui a des yeux très-gros et un esprit très-attentif, pince le manteau de sa patronne, toutes les fois qu’un danger la menace. Il oblige ainsi cette dernière à rapprocher ses deux battants et à fermer sa maison[195].