La plupart des teintes, même les plus vives, paraissent extrêmement fugaces: elles s’affaiblissent quand l’animal devient malade ou vieux; elles se ternissent quand il n’est plus dans son élément; elles se transforment dans l’hiver; elles s’évanouissent au moment de la mort... Les Romains prenaient plaisir à contempler les changements de couleur qu’éprouve le Rouget pendant son agonie (Sénèque).
On assure que certaines espèces phosphorescentes ont été vues distinctement à 7 mètres de profondeur, pendant une mer calme. (Borda.)
Bennet a fait connaître un Requin remarquable par la phosphorescence d’un vert brillant qui régnait sur toute la partie inférieure de son corps. Un individu porté dans une chambre la remplit de lumière. Le poisson avait un aspect horrible; sa lumière était permanente, mais elle ne paraissait augmenter ni par le mouvement, ni par le frottement. Quand le Requin mourut (ce qui arriva trois heures après sa sortie de l’eau), la lumière du ventre disparut la première, celle des autres parties s’éteignit graduellement; les mâchoires et les nageoires restèrent les dernières phosphorescentes. La seule partie de la surface inférieure du monstre qui ne brilla pas, fut la bande noire de la gorge.
La petitesse des nageoires dans cette espèce est cause qu’elle ne nage pas facilement.
Comme elle vit de rapine et qu’elle est nocturne, Bennet conjecture qu’avec sa phosphorescence elle fait venir sa proie, comme le pêcheur avec une torche attire le poisson.
III
Les Poissons se nourrissent de plantes marines succulentes, de vers, de coquillages et de petits crustacés. Certains mangent d’autres Poissons, et même se dévorent entre eux. Les gros engloutissent les petits, sans respecter leur propre espèce, ni même leur famille! En général, ces animaux sont très-voraces; ils avalent les morceaux sans les mâcher, le plus souvent même sans les couper.
SCORPION DE MER OU CHABOT.
(Cottus bubalis Euphrasen.)
Nous avons vu un Chabot qui avait avalé un jeune Rouget une fois et demie plus long que lui.