Les plus terribles, parmi ces organes, sont peut-être ceux des Loups de mer. Ces dents sont triangulaires, aiguës, tranchantes et quelquefois garnies de denticules sur les bords. Le poisson en possède généralement six rangées. Steller était présent lorsqu’on prit un Loup de mer sur la côte du Kamtchatka. L’animal saisit avec la gueule un levier avec lequel on le frappait, et le brisa comme un morceau de verre. Schœnfeld assure que ce monstre laisse l’empreinte de ses dents sur les ancres des navires.

Existe-t-il réellement, dans la mer du Sud, des Poissons à dents acérées, qui broutent le Corail comme un mouton broute l’herbe?

On connaît des Poissons dont les dents nombreuses sont si fines et si rapprochées, qu’en promenant les doigts dessus, on croit toucher du velours.

Les organes respiratoires ou branchies des Poissons offrent une organisation peu variée. Ce sont généralement des filaments ou petits tubes attachés en séries parallèles à des espèces d’arcs osseux, comme les brins d’une frange. Chez les Aiguilles de mer[211] et les Chevaux chenilles[212], au lieu d’être disposés en peigne, ces organes sont groupés en touffes arrondies.

Les orifices des branchies sont les ouïes, fermées par les opercules.

Les mouvements habituels de la bouche et des opercules ont donné lieu à l’opinion vulgaire que le Poisson boit constamment de l’eau. De là le proverbe: Altéré comme un Poisson; proverbe absurde, attendu que, lorsque cet animal prend du liquide, il ne boit pas, il respire. (J. Franklin.)

Les branchies offrent l’admirable propriété de s’emparer d’une quantité d’oxygène d’autant plus considérable, qu’elles fonctionnent à une plus grande profondeur. (Biot et Delaroche.)

IV

Les Poissons passent pour muets; cependant plusieurs d’entre eux produisent des sons bien caractérisés. Le Coin-coin[213] fait entendre un grognement particulier, que M. Valenciennes compare à la voix peu harmonieuse du Canard. La Vieille[214] jette un cri plaintif quand on s’empare d’elle. Les Thons[215] vagissent comme des enfants, quand on les tire de l’eau. Le Tambour[216] fait, en nageant, un bruit étrange qui ressemble au roulement d’une baguette sur une peau d’âne bien tendue. Ce n’est qu’à l’époque du frai que ce Poisson se fait entendre; le reste de l’année, il est muet: la basane est détendue.

On a découvert tout récemment en Amérique, dans la baie de Pailou, située au nord de la province d’Esmeraldas, dans la république de l’Équateur, de petits Poissons de couleur blanche, avec quelques taches bleuâtres vers le dos, qui ont non-seulement de la voix, mais une sorte de chant.