M. O. de Thoron longeait un jour une plage, au coucher du soleil, quand tout à coup un son étrange, très-grave et très-prolongé, vint frapper son oreille. Notre voyageur crut d’abord au voisinage de quelque insecte de grandeur extraordinaire. Il regarda autour de lui et ne vit rien; il questionna un rameur.

«Monsieur, répondit celui-ci, c’est un Poisson qui chante.

—Comment, un Poisson qui chante!

—Oui, monsieur, un Poisson, un véritable Poisson. Les uns l’appellent Sirène, les autres Musico (musicien).»

M. de Thoron fit arrêter sa pirogue, pour mieux apprécier le phénomène. Il entendit une multitude de voix qui formaient ensemble un singulier concert.

Ce chant est sonore; il ressemble, à s’y méprendre, aux sons moyens des orgues d’église entendus d’une certaine distance.

Les Poissons chantent sans sortir de l’eau, comme la sirène de M. Cagniard-Latour..... C’est vers le coucher du soleil qu’ils commencent à se faire entendre, et ils continuent pendant la nuit. La présence des auditeurs n’intimide nullement ces musiciens d’une nouvelle espèce[217]. (Thoron.)

Nous ne dirons plus: Muet comme un Poisson!

Les Poissons possèdent des espèces de rames appelées nageoires, qui leur servent à se soutenir dans l’eau et à nager. Le plus grand nombre en ont deux paires: deux devant (pectorales), qui sont les bras, et deux plus ou moins en arrière (abdominales), qui sont les jambes. Quand on redresse l’animal sur sa queue, la seconde paire se trouve placée, le plus généralement, à une certaine distance au-dessous de la première, comme le seraient les jambes postérieures par rapport aux antérieures, chez un Chien roquet qui danse sur ses pattes de derrière. Mais, dans plusieurs espèces, les nageoires abdominales et pectorales sont très-rapprochées, de manière à paraître les unes au-dessous des autres, quand l’animal est dans sa position habituelle, ou sur le même niveau, quand il est vertical.