GRONDIN
(Trigla gurnardus Linné).

Certains Poissons, comme le Grondin, ont des nageoires très-étendues, très-minces et semblables à des ailes. Ils peuvent même faire de temps en temps des excursions aériennes. Car il existe des Poissons volants, comme il existe des Oiseaux nageurs. Les principaux sont les Exocets[220], le Trigle[221] et la Rascasse[222]..... Ces poissons s’élèvent à un ou deux mètres de hauteur, et parcourent une étendue d’environ 100, 150 et même 1000 mètres. Mais bientôt leurs nageoires se dessèchent, perdent leur flexibilité, et l’animal retombe dans la mer. Pauvres Poissons volants! lorsqu’ils sont poursuivis par une Daurade ou par un Dauphin, ils ont beau s’élancer hors du milieu qu’ils habitent, un Albatros ou une Frégate fond sur eux et manque rarement son coup. Danger dans l’eau, danger dans l’air, danger partout: les infortunés échappent difficilement à leur cruelle destinée[223].

POISSON SENNAL SUR UN PALMIER.

Les Trigles milans[224] offrent l’intérieur de la bouche lumineux. Lorsque, pendant la nuit, une compagnie de ces poissons vole au-dessus de la mer, on croit voir un groupe d’étoiles filantes[225].

On trouve au Malabar un petit poisson appelé Sennal, qui se donne le plaisir de sortir de l’eau, non pas en volant, mais en rampant et grimpant le long d’une tige de Palmier. On en a vu s’élever jusqu’à deux mètres de hauteur. Son appareil respiratoire peut retenir une certaine quantité d’eau, et l’animal peut vivre quelque temps dans l’air.

SENNAL
(Anabas scandens Cuvier).

Le Hassar[226], de l’Amérique méridionale, quand son marais se dessèche, se met aussitôt en quête pour en avoir un autre. Il fait de longs voyages à terre; il marche toute la nuit. Il se traîne avec ses écailles et ses nageoires. On dit qu’il résiste plusieurs heures au soleil le plus chaud. S’il trouve tous les marais desséchés, il s’enfonce dans la terre humide, comme une Sangsue, et reste enfoui jusqu’au retour de l’eau.

V