CHAPITRE IV
LES PLANTES DE LA MER.

Plasén jardi, plus qu’autre jos lo cél.

(A. Crusa, 1471.)

I

La flore de l’Océan mérite sous tous les rapports l’attention du botaniste, du philosophe et de l’artiste; car il existe, au milieu des eaux comme sur la terre, dans l’eau salée comme dans l’eau douce, des plantes curieuses, utiles et pittoresques.

Ces plantes offrent une diversité de formes telle, qu’un paysage au fond de la mer n’est ni moins intéressant, ni moins varié que celui d’une contrée à laquelle le soleil a imprimé le cachet de la végétation si riche des tropiques. (Schleiden.)

Cependant, disons-le tout d’abord, la vie végétale est moins largement représentée dans les mers que sur les continents (Humboldt). La masse des végétaux terrestres est incomparablement plus grande que celle des végétaux marins. Mais la nature a compensé cette différence au sein de l’Océan, ainsi que nous le montrerons ailleurs, en créant les Polypiers, c’est-à-dire des animalcules réunis en sociétés nombreuses plus ou moins arborisées, qui composent une flore d’un autre genre, plus compliquée, plus animée, plus étonnante: ce sont, pour ainsi dire, des animaux dans des plantes et des minéraux dans des animaux.

La flore océanique appartient presque exclusivement à une seule classe de végétaux, celle des Algues.