On prétend qu’elle doit son nom à l’île de Sardaigne. Est-ce bien vrai? Ne serait-ce pas plutôt cette belle île qui doit son nom à la Sardine?

Quoi qu’il en soit, ce délicieux habitant de l’eau salée jouissait déjà d’une haute réputation avant que l’Homme ait inventé le moyen de le confire. Épicharme en parle dans ses vers comme d’une des friandises servies à Hébé pour son déjeuner de mariage! (J. Franklin.)

La Sardine est un joli petit poisson qui a la tête pointue, les yeux gros et les opercules ciselés. Quand on le retire de la mer, son dos paraît bleu, diapré de teintes plus obscures; ses côtes sont argentines et moirées de vert brillant ou de bleu tendre. Mais il faut la voir, cette élégante nageuse, s’ébattre librement, par un beau soleil de juillet, dans la transparence d’une mer calme et limpide.

On est émerveillé de la grâce et de la perfection de ses formes, de la souplesse et de l’agilité de ses mouvements, de l’éclat et de la variété de ses couleurs. Son riche corsage de nacre semble refléter l’azur et l’émeraude.....

La fécondité de ce poisson paraît miraculeuse. C’est surtout aux Sardines, dit un auteur moderne, que semblent s’adresser les promesses de la Bible: «Je multiplierai ta race, qui deviendra aussi nombreuse que les grains de sable de la mer et que les étoiles du firmament.» Si la bénédiction se mesure à la fécondité, comme le croyaient les Israélites, ces poissons doivent être spécialement bénis entre tous les animaux.....

Les Sardines habitent l’océan Atlantique boréal, la Baltique et la Méditerranée. Elles se trouvent dans la profondeur des baies, à l’abri des rivages. Elles aiment le remous des courants et les endroits où la mer est peu agitée.

Comme les Harengs, les Sardines se rassemblent par colonnes compactes, souvent très-longues et très-larges.

Leurs légions émaillées arrivent en Bretagne vers le mois de mai. Leur présence est indiquée par les bouillonnements de la surface de la mer et par la teinte de l’eau, tantôt bleuâtre, tantôt blanchâtre, ces animaux présentant alternativement au soleil leur dos d’azur ou leur ventre d’argent.

Ces brillants poissons arrivent au printemps dans la Méditerranée. Ils en sortent avant l’hiver (S. Berthelot).

II