On pêche les Sardines avec des seines et avec d’autres filets traînants. Les seines sont tirées à terre ou relevées à la mer.
Dans la Méditerranée, on a le sardinal, filet à petites mailles et d’une seule nappe, qui flotte entre deux eaux, verticalement, en décrivant des courbes à une certaine distance du rivage. On le tend pendant la nuit. L’une de ses extrémités est attachée au bateau, qui dérive avec lui au gré des courants. (S. Berthelot.)
En Bretagne, on emploie aussi des filets flottants. La grandeur de la maille est calculée de telle sorte que le poisson puisse passer la tête.
Pendant la saison des Sardines, il y a, sur les côtes de Bretagne, deux mille à deux mille cinq cents embarcations occupées à cette pêche. Chaque barque ou pesqueresse porte quatre ou cinq hommes: le patron, deux ou trois matelots et un mousse; elle a cinq ou six filets, de la rogue et des paniers.
Les embarcations partent de grand matin. Elles se rendent à trois ou quatre lieues de la côte: elles doivent être sur le lieu de pêche au lever du soleil. Alors on amène les voiles et les mâts, et tandis que les matelots rament lentement, on laisse couler à la mer un filet, qui descend verticalement dans l’eau, soutenu par les liéges qui flottent à la surface. Le patron, debout à l’arrière, jette la rogue par poignées, tantôt d’un côté du filet, tantôt de l’autre, jusqu’à ce que le poisson soit monté des profondeurs. Aussitôt, prenant une écuelle d’eau, il la lance brusquement et bruyamment pour effaroucher et rabattre le poisson sur le filet. La Sardine s’effraye, fuit précipitamment, et engage sa tête dans les mailles, où elle reste prisonnière par les ouïes. Le patron reconnaît que les filets sont chargés de poisson lorsque les liéges entrent dans l’eau. Alors on les hale à bord les uns après les autres; on en retire les Sardines, que l’on dépose au fond du bateau[255].
Lorsque les Sardines sont abondantes, on peut en prendre jusqu’à un tonneau d’un seul coup de filet. Quand la pêche est bonne, chaque embarcation revient avec 25 000 à 30 000 individus. On assure en avoir vu qui en portaient jusqu’à trente-cinq milliers.
Cette pêche dure cinq ou six mois, pendant lesquels on ne compte guère que cent journées de travail. Elle produit 7500 millions de Sardines, lesquelles, vendues fraîches, procurent 7 500 000 francs. Le tiers est la part de l’équipage, ce qui fait, par journée de travail, 2 francs 22 centimes pour le pêcheur et 1 franc 11 centimes pour le mousse.
Le 5 octobre 1767, dans la baie de Saint-Yves en Cornouailles, on a pêché 7000 barriques de Sardines. Chacune en renfermait environ 35 000; total, 245 millions. (Borlase.)
Les Basques se servent, pour prendre les Sardines, d’un filet fermé comme un sac avec des anneaux de corne.
Les Anglais emploient une grande seine, manœuvrée à contre-courant par trois ou quatre chaloupes montées chacune par six marins. Ils ramènent quelquefois, d’un seul coup de filet, jusqu’à 40 tonneaux de poisson.