En 1578, la France avait, sur le banc de Terre-Neuve, 150 navires; l’Espagne, 125; le Portugal, 50, et l’Angleterre, 40.

Pendant la moitié du XVIIIe siècle, la pêche fut exploitée par les Français, les Anglais et les Américains.

Le relevé de neuf années, commençant avec 1823 et finissant avec 1831, nous a appris que la France avait envoyé à Terre-Neuve 341 navires jaugeant 36 680 tonneaux, montés par 7085 matelots. Ces navires ont exporté 25 718 466 kilogrammes de poisson, dont 8 974 238 salé, 16 744 228 de Morue verte, et 1 217 008 d’huile. En estimant à 20 francs le quintal métrique de poisson, et à 100 francs celui de l’huile, nous trouvons un chiffre de 6 360 746 francs par année moyenne.

On assure que l’Angleterre emploie annuellement près de 2000 navires et environ 30 000 marins à la pêche de la Morue.

On dit que les Américains mettent en mouvement, pour la même industrie, 3000 navires et 45 000 marins.

On a calculé que les navires anglais et américains rapportent chacun, en moyenne, 40 000 poissons.

La Hollande n’est pas en arrière des autres nations. Elle a exporté, en 1856, 1 172 203 kilogrammes de ce poisson préparé de différentes manières; en 1857, 1 297 666 kilogrammes; en 1858, 1 702 431, et en 1859, 1 507 788.

Sur les côtes de la Norvége, depuis la frontière de la Russie jusqu’au cap Lindesness, la pêche de la Morue forme la source d’une industrie et d’un commerce extrêmement considérables. Elle dure environ trois mois. On évalue à plus de 20 millions le nombre de Morues qu’elle procure à la consommation.

Dans ce pays, cette pêche occupe plus de 20 000 pêcheurs, montés sur au moins 5000 bateaux. Elle se fait à une distance de deux lieues norvégiennes (15 au degré) de la terre, dans une profondeur de 100 à 160 mètres.

D’après le rapport officiel fait au roi de Suède par l’inspecteur en chef de la pêche à Lofoden, on a mis en mer, en 1856, 4623 bateaux, et en 1860, 5675. Cette dernière année, on a employé 3453 appareils de profondeur, 7775 pêcheurs à la ligne, et 13 038 pêcheurs au filet.