Suivant le même rapport, on a salé, cette même année, à l’est de Lofoden, 10 080 000 Morues fendues, et à l’ouest, 2 640 000. On estime les poissons ronds, c’est-à-dire les Morues non fendues, à 9 000 000. Si l’on ajoute à ces chiffres les Morues consommées pendant la pêche, on arrivera au total de 24 millions.

Les œufs obtenus en 1860 ont rempli 16 000 tonneaux, et l’huile, 40 000.

Les côtes de l’Islande sont aussi très-riches en Morues.

La France a fourni pour la pêche de ce poisson: en 1860, 210 bâtiments et 3275 hommes; en 1861, 222 bâtiments et 3602 hommes, et en 1862, 232 bâtiments et 3741 hommes. Le port de Dunkerque seul a donné, cette dernière année, 134 navires et 2157 marins.

III

On prend les Morues, soit avec des filets, soit avec des lignes.

Le filet employé à Terre-Neuve est une seine, grand filet rectangulaire garni de plomb au bord inférieur et de liége au bord supérieur. On en fixe une extrémité près de la côte, et, avec un bateau, on va porter l’autre extrémité en pleine mer, ayant soin de décrire une courbe, laquelle enferme le poisson dans un enclos circulaire. En tirant sur les deux extrémités, des hommes entraînent tout le poisson. Un seul coup en donne quelquefois la charge de plusieurs bateaux. On conçoit que ce genre de pêche ne peut se pratiquer que le long d’une côte.

En Norvége, chaque bateau porte ordinairement soixante filets de 40 mètres de longueur sur 7 mètres de profondeur. Ces filets sont mis à la mer le soir, et n’en sont retirés que le matin. On en dispose à la fois vingt à trente, noués les uns aux autres. Sur le halin ou haussière, et à 2 mètres l’une de l’autre, sont fixées des pierres qui tiennent les filets en place. En outre, des bouées, formées de sphères de verre, de liége ou de bois, maintiennent la partie supérieure des filets à une distance déterminée de la surface de la mer. A chaque bout, se trouve un petit baril portant le nom du propriétaire. (Baars.)

Tout le monde connaît l’organisation des lignes. On les tend le jour et la nuit, par dix ou douze à la fois.

Chaque bateau norvégien en porte une vingtaine, armées chacune de deux cents hameçons.