On se sert, pour appât, de Harengs salés, et quand ils manquent, de rogues de Morue, ou même de petits morceaux de ce poisson.
A Terre-Neuve, chaque pêcheur est muni de deux lignes, qu’il tient à droite et à gauche du bateau. Il arrive souvent que pendant qu’il en retire une, un poisson mord à l’autre, et ainsi de suite. On a vu des pêcheurs habiles prendre chacun jusqu’à quatre cents Morues dans un jour, ce qui est un terrible travail pour leurs bras. Ces lignes sont appelées lignes de main. On nomme lignes de fond, celles qui consistent en cordes très-fortes, sur lesquelles on fixe un certain nombre de lignes partielles armées chacune d’un hameçon. A l’une des extrémités de la corde est attachée une petite ancre à plusieurs pattes (grappin), qui l’entraîne au fond de l’eau, et l’on fixe une autre ancre à l’autre bout. Chacune de ces ancres tient à un petit câble (orin) amarré à une bouée de liége. On peut disposer ainsi deux à trois mille hameçons.
IV
Dès que les pêcheurs sont revenus à terre, ils enlèvent aux Morues la rogue, le foie, la tête et les entrailles.
Les rogues sont salées dans des barils percés de trous, par où s’écoule la saumure.
Les foies sont mis dans des barils de chêne. Ils se liquéfient en se décomposant. On soumet leur résidu à l’action du feu et on le comprime. Les premières huiles sont dites blanches ou blondes, et les dernières brunes ou noires. Ce sont les premières surtout dont on se sert en médecine. Les dernières sont employées principalement par les corroyeurs. Depuis quelques années, on prépare l’huile de Morue en plaçant les foies frais, coupés par morceaux, dans de grandes cornues hors du contact de l’air, et en les faisant distiller au bain-marie.
La tête et les entrailles sont séchées, pour être vendues plus tard à la grande fabrique de guano de poisson établie à Lofoden.
Les corps des Morues sont suspendus et abandonnés à l’action des vents secs, qui les transforment en stockfisch.
PRÉPARATION DES MORUES A TERRE-NEUVE.