Lorsque, par hasard, un d’eux se débat trop vivement aux mains de ses bourreaux, un pêcheur lui arrache brutalement, avec le doigt, quelque chose au fond de la bouche. Aussitôt le sang coule à flots, par jets, et presque en même temps la victime, épuisée, se laisse hisser sans mouvement.

En 1861, dans la baie de Porto-Ferrajo, on a pris à la madrague cent soixante Thons gros et petits, depuis des Thons bébés d’un kilogramme environ jusqu’à des Thons vieillards de 120 et même de 150 kilogrammes..... En estimant chaque poisson, en moyenne, à 25 kilogrammes, cette pêche a donné environ 4000 kilogrammes de Thon! (E. Carrey.)

Lorsque Louis XIII visita sa bonne ville de Marseille, on organisa en son honneur une grande pêche à la madrague. Ce massacre officiel enchanta tellement le monarque, peu sensible et peu facile à divertir, comme chacun sait, qu’on l’entendit dire plusieurs fois que c’était la plus agréable journée de son voyage. Heureux roi!... et pauvres Thons!!

Ne pourrait-on pas pêcher sans massacrer?

CHAPITRE XL
LES TORTUES DE MER.

«Esse et in piscatu voluptatem maxime Testitudinum.»

(Pline.)

I