TÊTE DE TORTUE DE MER.
Les Tortues de mer passent pour des animaux lourds, timides et assez doux. Leurs membres sont transformés en rames aplaties, légèrement courbées d’avant en arrière. Les antérieurs dépassent du tiers les postérieurs.
Les Tortues marines nagent et plongent avec la plus grande facilité; elles peuvent rester longtemps sous l’eau. L’orifice externe de leur canal nasal est surmonté d’une masse charnue, dans l’épaisseur de laquelle on distingue le jeu d’une soupape que l’animal soulève lorsqu’il est dans l’air, et qu’il ferme hermétiquement lorsqu’il s’enfonce dans l’eau (Duméril). Leur marche est assez pénible. Le missionnaire Labat s’est fait plus d’une fois porter par cette lourde et un peu cahotante voiture.
Dans les parages tranquilles, on aperçoit de temps en temps, à la surface de la mer, à sept ou huit cents lieues de terre, des Tortues qui flottent dans une immobilité absolue. Elles dorment.
Ces reptiles n’ont pas d’armes pour se défendre, mais leur carapace les protége jusqu’à un certain point. Ils ont, du reste, la vie très-dure. On en a vu, la tête coupée et le cœur arraché, remuer encore les nageoires, et donner des signes de souffrance.
Les Tortues de mer sont ovipares. A l’époque de la ponte, les femelles se rendent à terre après le coucher du soleil, pour déposer leurs œufs. Elles creusent un trou sur le rivage, écartant très-habilement le sable avec leurs pieds postérieurs, qui fonctionnent alors comme de larges pelles. Ce trou peut avoir une soixantaine de centimètres de profondeur. Le prince Maximilien de Neuwied rapporte avoir vu une Tortue franche, sur la côte du Brésil, qui creusait ainsi la grève. On s’approcha doucement; elle ne se dérangea pas. Il fallut quatre hommes pour la soulever. Bientôt elle se mit à pondre. Un soldat recueillit une centaine d’œufs dans l’espace de dix minutes. Cette espèce peut, du reste, en déposer jusqu’à cent cinquante.
On dit que les Luths en produisent de deux cents à deux cent soixante.
Après avoir pondu, la mère recouvre ses œufs avec le sable amoncelé derrière elle, et nivelle si parfaitement la surface du sol, que peu de personnes reconnaîtraient qu’on a remué quelque chose en cet endroit. Cette opération terminée, l’animal retourne à la mer.
Les œufs sont arrondis, un peu déprimés et revêtus d’une coque coriace. La chaleur du soleil suffit pour les faire éclore.