TÊTE DE BEC-EN-CISEAUX
(Rhynchops nigra Linné).

Les Pélicans offrent au-dessous du bec un sac de peau singulièrement extensible. Ils le remplissent de poissons, qu’ils apportent à leurs petits.

M. Nordmann raconte, dans sa Faune de la mer Noire, que les Pélicans, très-nombreux dans l’Orient, font souvent des pêches en commun sur les lacs qui avoisinent cette mer.

PELICAN BLANC
(Pelecanus onocrotalus Linné).

«C’est ordinairement, dit-il, dans les heures de la matinée ou le soir que ces oiseaux se réunissent dans ce but, procédant d’après un plan systématique qui est apparemment le résultat d’une espèce de convention. Après avoir choisi un endroit convenable, une baie où l’eau soit basse et le fond lisse, ils se placent tout autour, en formant un grand croissant ou un fer à cheval. La distance d’un oiseau à un autre semble être mesurée; elle équivaut à son envergure (3 à 4 mètres). En battant fréquemment la surface de l’eau avec leurs ailes déployées et en plongeant de temps en temps avec la moitié du corps, le cou tendu en avant, les Pélicans s’approchent lentement du rivage, jusqu’à ce que les poissons réunis de la sorte se trouvent enfermés dans un espace étroit. Alors commence le repas commun.

»Outre les quarante-neuf Pélicans dont la compagnie se composait ce jour-là, il s’était rassemblé sur les tas d’ulves, de conferves et de coquilles rejetées par les vagues et amoncelées sur le rivage, des centaines de Mouettes, d’Hirondelles de mer, de Choucas, qui se préparaient à happer les poissons chassés hors de l’eau et à partager entre eux les restes du repas. Enfin, plusieurs Grèbes, de la petite et de la moyenne espèce, nageant dans l’espace circonscrit par le demi-cercle, tant que cet espace fut encore assez grand, prirent, eux aussi, leur part du festin, en plongeant fréquemment après les poissons effrayés et étourdis.

»Quand tous furent rassasiés, la compagnie entière se rassembla sur le rivage pour attendre le commencement de la digestion. Les Pélicans lustraient leur plumage, recourbaient le cou pour le laisser reposer sur le dos, et faisaient ainsi, à côté des petites et frêles Mouettes, l’effet de colosses informes. Leur troupe se composait d’oiseaux de différents âges; il y en avait de tout blancs, de bigarrés et de gris. De temps en temps quelqu’un de ces oiseaux vidait sa poche bien garnie, en étendait le contenu devant lui, et se plaisait à le contempler. Les poissons qui se débattaient encore avaient bientôt la tête écrasée d’un coup de bec.»

Les Cormorans ont une gibecière du même genre que celle des Pélicans, mais beaucoup moins développée. Les Chinois élèvent ces animaux et les emploient comme pêcheurs. Ils leur passent au cou un anneau étroit pour les empêcher d’avaler les proies qu’ils ont saisies. Mais quand l’oiseau a travaillé quelque temps pour son maître, celui-ci enlève le collier, et permet au Cormoran de pêcher pour son propre compte.

Certains Oiseaux de mer, qui ne possèdent ni bec tranchant, ni gibecière gutturale, et qui se nourrissent de coquillages operculés et solidement barricadés, ont l’instinct de les porter dans les hauteurs de l’atmosphère, et de les laisser tomber sur un rocher pour briser leur enveloppe.